DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. III. 201
I V.
Les théories auxquelles Galilée avoit donné naissance reçurentleurs premiers accroissemens de deux de ses disciples. L’un estBenoît Castelli. Ce mécanicien est recommandable , commeétant en quelque sorte le créateur d’une nouvelle partie del'hydraulique , savoir : La mesure des eaux courantes. Lescontestations fréquentes qui s’élèvent en Italie sur le cours desfleuves , et la nécessité où l’on est dans ce pays de se tenircontinuellement en garde contre leurs dommages , firent quele pape Urbain Vlil , qui l’avoit appelé à Rome pour y en-seigner les mathématiques , le chargea de réfléchir sur cettematière. Castelli travailla à remplir les vues de sa Sainteté $ etc’est le fruit de ses recherches et de ses réflexions qu’il donnadans soit traité intitulé : Délia misura dell’ acque correnti ;ouvrage peu considérable par le volume , mais précieux parla solide et judicieuse doctrine qu’il contient. 11 parut en i 638 ,et fut traduit en françois en 1664. On le trouve aussi dans lerecueil italien des auteurs qui ont traité du mouvement deseaux. Nous en parlerons plus au long lorsqu’il sera question,des écrivains plus modernes sur cette matière. Ce savant re-ligieux du Mout-Cassin étoit né à Brescia en 1577 , et mouruten 1644. Il fut, comme on l’a dit , un des élèves de Galilée,dont il prit la défense dans la querelle que ce grand hommeessuya au sujet de ses découvertes hydrostatiques (1).
L’autre disciple de Galilée à qui la Mécanique et l’Hydrau-lique sont redevables , est Torricelli. Cet homme célèbre naquità Faenza en 1618 , et fut envoyé à l’âge de vingt ans à Romepour y étudier les mathématiques , ce qu’il lit sous BenoîtCastelli. Après la mort de Galilée , dont avec Viviani il re-cueillit les derniers soupirs , le grand duc de Toscine se l'at-tacha en qualité de son mécanicien. Il eut de vifs démêlésavec Roberval, au sujet de la cycloï le ; on peut en voir l’his-toire dans le livre premier de cette partie. Il mourut en 1647,et laissa quantité d’écrits ébauchés qui n’ont pas vu le j >ur.On en trouve les titres dans le Journal de Venise, tom. XXX,où l’on lit aussi sa vie. Revenons aux travaux mécaniques deTorricelli.
Il étudioit à Rome les mathématiques sous Castelli, lorsqueles écrits de Galilée sur le mouvement lui tombèrent entre lesmains. 11 composa dès-lors sur le même sujet un traité qui fut
(r) Ris pas ta aHe oppasizioni del Vincenzio di Grazia , £’c. Firenze ,ii^nor Lud. defle colombe è del signor 1615 in- 4 °.
Tome IL C c