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Tome second.
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DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. III. 209en mouvement continue à se mouvoir , jusqu’à ce qu’il ren-contre quelqu'obstacle. Il en est de même de la direction et dela vitesse ; elles doivent , dit-on , rester les mêmes par uneraison semblable ; car cette vitesse et cette direction sont aumouvement , ce qu’une plus grande ou une moindre courbureou une courbure dans un certain sens , est à l’état de curvité.Ce sont des modifications du mouvement qui doivent par con-séquent subsister , tant qu’aucune cause ne les change ; tellessont à peu près les raisons de M. Descartes pour prouver cesrègles. Mais nous remarquerons avec M. d’Alembert ( 1 ) , quesi l’on n’avoit que de pareilles raisons , elles ne seraient guèrespropres à opérer une conviction entière. La nature du mou-vement , nous ne pouvons le dissimuler , est encore pour nousune énigme ; ainsi toute preuve appuyée sur ce fondement nepeut êti<e que foible. Nous n’en avons aucune meilleure quecelle de l’expérience , qui dépose de cent façons différentes enfaveur de ces lois. Tout corps dégagé d’obstacle ne prend qu’unmouvement rectiligne, et tant qu'il ne rencontre aucune résis-tance sensible , il continue à se mouvoir avec la même vitesse.Un pendule d’un certain poids , dont le mouvement est très-libre , fait des oscillations durant vingt-quatre heures , et il estfacile d’assigner ici la cause de la cessation de son mouvement,savoir la résistance de l’air qu’il a à fendre ; car cette résis-tance est-elle plus grande , comme celle de l’eau , le mouve-ment est plutôt éteint ; est-elle moindre , comme si le mou-vement se passe dans la machine pneumatique , il continueplus long temps qu’il n’auroit fait. Enfin , tout corps qui décritune courbe , ne le fait qu’au moyen d’un arrêt contFe lequelil exerce un effort qu’on ne peut méconnoître. Cet arrêt cesse-t-il , le corps s’échappe par la tangente ; c’est ce qu’on éprouvedans tous les mouvemens curvilignes ; ainsi aucune vérité phy-sique mieux prouvée , que celle des lois qu’on a exposées ci-dessus.

Nous voudrions bien pour la gloire de Descartes, à laquellecomme françois , nous devons nous intéresser, pouvoir en direautant des règles qu'il prétendit établir par la communicationdu mouvement. Mais c’est ici que sa trop grande confiance encertaines idées métaphysiques , et un esprit systématique maldirigé , l’entraînèrent dans une foule d’erreurs trop peu excu-sables. Nous trouvons effectivement dans ces règles toute sortede défauts, principes hasardés , contradictions, manque d’ana-logie et de liaison ; c’est , pour le dire en un mot , un tissu

(1) Traité de Dynamique. Préface.

Tome II. D d