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Tome second.
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214 HISTOIRE

il nen est aucune dans laquelle il neût porté une lumièreéclatante ; car lunique source de ses erreurs est lesprit systé-matique auquel il se livra avec trop de confiance , et sansconsulter assez lexpérience. Mais en voilà assez à ce sujet ,finissons cet article par quelque trait qui fasse plus d honneurau génie de Descartes., -

Une des plus ingénieuses idées de Descartes est davoir tentédappliquer la force centrifuge de la matière éthérée à l'expli-cation de la pesanteur des corps. Quoique lexamen de cesystème paroisse appartenir davantage à la physique quauxmathématiques , cependant comme ce sont des principes méca-niques que Descartes y emploie , je nai pas cru cet examenétranger à mon sujet ; dailleurs la célébrité de la questionjustifie cette sorte dexcursion hors de mon plan.

Descartes fait rouler , comme lon sait , autour de la terreet de chaque planette , un .tourbillon de matière éthérée , cest-à-dire extrêmement subtile ; mais tout corps , ajoute-t il , quia un mouvement de circulation , fait effort pour séloigner deplus en plus du centre autour duquel il circule ; toutes lesparties du tourbillon terrestre ont donc une propension conti-nuelle à séloigner de la terre, et ce tourbillon se dissiperoit,sil ne rencontroit pas une résistance suffisante dans leffort dureste de la matière éthérée. 11 faut encore supposer dans cettehypothèse que les corps terrestres sont moins propres au mou-vement que la matière éthérée, et quils nont par conséquentquune force centrifuge moindre. Cette supposition admise , onsent quils sont dans ce fluide comme un corps plongé dansun liquide de moindre pesanteur spécifique , et de même (piece liquide le repousse vers le côté opposé à celui il tendpar sa pesanteur , de même les corps terrestres placés an milieudu tourbillon dont nous parlons, seront repoussés vers le milieudont il tend à séloigner. Voilà , suivant Descartes , la causede la pesanteur et de la chute des corps vers le centre de laterre.

11 en est à peu près de cette idée comme de celle des tour-billons , que le même philosophe employa pour expliquer lesinouvemens célestes; elle séduit du premier abord, elle enchante

Î iar lapparence dun mécanisme très intelligible et très-vraisem-dable ; mais elle est sujette à de grandes difficultés , et qui sonttelles que le plus grand nombre des physiciens convient au-jourdhui quil faut recourir à quelquautre moyen dexpliquerla pesanteur.

M. Huygens , quoique disciple de Descartes, a le premierporté des coups dangereux à lexplication que nous venons