DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Eiy. IV. a33examiner profondément , à l’aide de la théorie des réfractions ,quelle pou voit être sa composition , et il la découvrit. Il garnitles extrémités d’un tuyau de deux verres, l’un convexe, l’autreconcave j et le tournant vers les objets , il remarqua qu’il lesaugmentoit trois fois en diamètre. Ce premier succès lencou-ragea ; il se fit peu après un autre Télescope , qui augmentoitenviron huit fois ; enfin , n’épargnant ni peine ni dépense , ils’en procura un qui grossissoit environ trente fois en diamètre ,et ce fut par le moyen de ce dernier qu’il découvrit les satellitesde Jupiter , les taches du Soleil , &c.
Ce que nous venons de raconter , est d’après le récit mêmede Galilée ; ainsi rien n’est moins fondé que la prétention deceux qui l’ont donné pour l’inventeur du Télescope. Ce qu’onne peut lui refuser , c’est d’en avoir le premier construit und’une certaine longueur , et de l’avoir tourné vers le ciel. Il estencore vrai que , suivant le récit qu’il fait , il y a plus de méritedans sa découverte que dans celle du Hollandois , qui n’y futprobablement conduit que par le hasard. Mais doit-on en croireGalilée sur sa seule parole , lorsqu’il dit n’avoir aucune con-noissance de la forme des verres qui entroient dans la compo-sition de ce nouvel instrument. Il est difficile de se persuaderqu’il n’eût pas appris du moins qu’il consistoit en deux verresadaptés aux extrémités d’un tube. Or dans ce cas le nombre descombinaisons de verres à tenter, n’étoit pas considérable, etc’étoit sans doute le moyen le plus court de découvrir sa véri-table composition. La dioptrique étoit encore trop peu avancéepour qu'il fût possible d’y parvenir autrement que par des essaiset des tentatives : ce que Galilée dit quelque part , qu’il trouvapar sa théorie qu’il falloit nécessairement un verre convexe etun concave , montre du moins que cette théorie étoit fausse.
Le Télescope dont nous venons de raconter l’invention , futassez long temps le seul en usage ; on n’en connoissoit pointencore d’autre, du temps de Descartes qui écrivoit près detrente ans après. On ne trouve dans sa dioptrique aucune com-binaison de verres , autre que celle d’un objectif convexe avecun oculaire concave ; cette disposition a néanmoins un très-grand défaut , c’est qu’elle rétrécit extrêmement l’étendue desobjets qu’on apperçoit d’un seul coup d’œil, et ce défaut aug-mente à proportion que le Télescope grossit davantage , de sortequ’on a peine à se persuader aujourd’hui qu’il ait pu rendre àl’astronomie d’aussi grands services qu’il a fait entre les mainsdes Galilée , des Scheiner , &c Les lunettes de cette forme sontdepuis long-temps restreintes à de petites longueurs ; il est rared’en voir qui passent quinze ù. dix-huit pouces , et les plus ordi-naires n’en ont que cinq à six , et même moins. Cette premièreTome 11. G g