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Tome second.
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DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Lxv. IV. 245sans doute que Huygens l’avoit vu , selon ce qu’il nous dit lui-même , en ces mots , quae et nos vidi.mus aliquando et Carte-sium vidisse accepimus , ut h inc foi tasse mensuram illarn quaein sinibus consistit elicuerit. Huygens cependant ne tire pointabsolument de-là la conséquence que Descartes leur dût ( sa dé-couverte , il se contente de le soupçonner , et nous ne croyonspas qu’on puisse aller plus loin ; nous laisserons donc cette ques-tion indécise comme tant d’autres impossibles à résoudre, fautede faits suffisamment constatés. Ne seroit-il pas d’ailleurs pos-sible que Descartes eût vu les manuscrits de Snellius , sans quel’on pût l’accuser de plagiat ; car il paroît qu’il étoit en posses-sion de toutes les découvertes qu’il étale dans sa géométrie etsa dioptrique , plusieurs années avant de les publier ; ainsi ilauroit pu avoir fait lui même la découverte de la loi de la réfrac-tion avant d’avoir vu les manuscrits dont étoient en possessionles héritiers d’flortensius.

Il paroît effectivement ici que Descartes avoit fait beaucoupd’expériences sur la réfraction ; c’est ce que prouvent diversendroits de ses lettres. Nous nous bornerons à remarquer encorequ’il ne lui échappa pas que la réfraction n’est pas toujoursd’autant plus grande sous le même angle , en passant de l’airdans un autre milieu , que ce second milieu est plus dense ; cardans une lettre à Mersenne , savoir la 35 e . du troisième volumede ses letries , il observe que quoique l’huile de thérebentinesoit plus légère que l’eau , cependant la réfraction qu’elle occa-sionne est plus grande ; il en est de même de l’esprit de vincomparé à l’eau , quelque rare que soit le premier de ces fluidesrelativement au second. C’est une chose , pour le remarquer enpassant , qu’avoit aussi trouvé Harriot , et qu’il annonçoit àKepler dans une de ses lettres, en lui envoyant une table desréfractions du même rayon dans différens milieux j il ne pa-roît pas au reste , par le contenu de ces lettres , qu’Harriotconnût la vraie loi de la réfraction , à moins que ce ne fût unede ces choses dont il dit à Kepler qu’il étoit en possession , maisque ses affaires et ses indispositions ne lui permettoient pas dedévelopper.

Je reviens à Vossius qui, dans le livre cité , critique beaucoupDescartes sur ce qu’il a énoncé la loi de la réfraction d’uneautre manière que Snellius , et qui en tire la conséquence qu’iln’en étoit pas l’inventeur. Il prétend même que cela l’a induiten erreur, en ce qu’il n’a pas vu comine Snellius que le rayonmême perpendiculaire éprouVoit une réfraction ou un raccour-cissement. C’étoit là au contraire une fausse idée de Snellius ,qui y avoit été conduit par le phénomène de l’élévation appa-rente du fond d’un vase rempli d’eau, même lorsqu’on le regarde