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Tome second.
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244 HISTOIRE

Mais quelques découvertes qu’il eût faites par le moyen de cetteloi approchée de la réfraction , les mathématiciens étoient fondésà ne s’en pas contenter. 11 falloit trouver la véritable , et c’étoitpar ce moyen seul qu’ils pouvoient parvenir à la solution gé-nérale, de tous les problèmes qui dépendent de cette propriétéde la lumière.

Il étoit réservé à Snellius , mathématicien hollandois, etrecommandable à divers autres titres , de faire cette impor-tante découverte, à laquelle il fut probablement conduit par lesefforts impuissans qu’avoit fait Kepler pour la trouver. Quoiqu'ilen soit , il découvrit qu’en tirant une parallèle D H à l’axe deréfraction AC B ( fïg- 78), il y avoit toujours dans le mêmemilieu un même rapport entre le rayon rompu CE et la pro-longation CF du rayon incident GC jusqu’à cette perpendicu-laire. Lors , par exemple , qu’un rayon de lumière passe del’air dans l’eau, ce rapport est de 4 à 3 ; mais lorsqu’il passede l’air dans le verre , il est de 3 à 2. Ainsi , en supposantun autre rayon incident g C , son rayon prolongé C f, et lerayon rompu Ce , on aura toujours CE à CF, comme C eà C f ; c’est-à-dire que dans la réfraction entre les mêmes mi-lieux, les sécantes de complément de l’angle d’inclinaison etde l’angle rompu sont toujours en même raison ; car CE et CFsont respectivement les sécantes des angles DCE, DCF , dontle premier est complément de l’angle rompu LC B , et le second, complément de l’angle F CB égal à l’angle d’inclinaison AC G,auquel il est opposé par le sommet.

Il est vrai que l’ouvrage où Snellius enseignoit cette décou-verte n’a jamais été publié , et l’on est fondé à la regretter t,mais on ne peut douter, d’après les témoignages de Vossius,et surtout d’Huygens , qu’il ait existé. Vossius, dans sa réponseaux objections de Debruyn à son livre de naturd lucis , ditpositivement que le professeur Ilortensius avoit enseigné enpublic et en particulier la découverte de son compatriote ; àquoi Huygens ajoute , au commencement de sa dioptrique, avoirvu ce que Snellius avoit écrit sur ce sujet, integro volumine ;ainsi 1 existence de cet ouvrage et de la découverte en ques-tion , faite par Sneliius le premier est incontestable.

Nous avons maintenant à discuter quelle part y a Descartes ;car on n’a pas manqué de l’accuser de plagiat, et de l’avoirpubliée en taisant le nom de son inventeur. Il faut convenirqu’il y a quelqu’apparence de vérité dans cette accusation ; carVossius nous apprend dans le même endroit que les héritiersd’Hortensius donnoient volontiers communication de ses ma-nuscrits , au nombre desquels étoit celui de Snellius : c’étoit là