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pris. Ce principe accordé , on voit déjà que la lumière doit serompre en approchant de la perpendiculaire , quand elle passedans un milieu plus dense. Mais quelle apparence que de deuxprincipes aussi opposés tjue celui de Descartes et ce dernier ,dût résulter la même vérité ? c’est cependant ce qui arriva.Fermât appliquant à ce problème sa règle de maxirnis et rnini-mis , trouva à son grand étonnement que les sinus des anglesd’inclinaison et rompu , étoient dans un rapport constant ;savoir, l’inverse des résistances dans l’un et l’autre milieu.
Un événement si peu attendu convainquit M. de Fermât quela conséquence de Descartes étoit légitime ; mais il ne le renditpas plus docile sur le fond de sa démonstration ; au contraireil la lui rendit encore plus suspecte. Il déduisoit effectivementla même vérité d'une supposition tout-à-fait vraisemblable , etcontraire à celle de ce philosophe ; quel motif de penser quecette dernière étoit fausse , et par conséquent que le raison-nement auquel elle servoit de hase étoit vicieux ? 11 instruisitM. de la Chambre de ce succès inespéré , et celui-ci en informaM. Clerselier ; ce disciple de Descartes fit à cette occasion un.dernier effort pour gagner M de Fermât à l’explication Carté-sienne (^1). Il lui observa judicieusement que le principe ci-dessusn’étoit point physique , et qu’il ne pouvoit être regardé commecause d’aucun effet naturel ; il élevoit aussi contre cette appli-cation des soupçons que la suite a vérifiés , savoir, qu'elle ren-fermoit deux suppositions fausses , qui par un heureux hasardse redressoient l’une l’autre. Mais Fermât qui etoit las de cettediscussion , aussitôt qu’il crut que la vérité n’y étoit plus inté-ressée , aima mieux y mettre tin que de répliquer ; il accordaà M. Clerselier tout ce qu’il demandoit (2) , consentant que ladémonstration de Descartes fût réputée bonne , quoiqu’elle nel’eût jamais convaincu , et ne se réservant que la stérile pos-session de son problème de géométrie. Il permet aussi qu’ontraite son principe d erroné, pourvu qu’011 le mette du moins àcôté de ces erreurs qui ont plus de vraisemblance que la véritémême, et il finit par lui appliquer ces vers ingénieux du Tasse .
Quando sarà il veroSi bello che si passa d ti preporre ?
En effet, rien ne prouve mieux que M. de Fermât étoit fondéà tenir à son principe , et à être peu satisfait de l’explicationCartésienne de la réfraction , que les tentatives nombreuses desphysiciens pour expliquer ce phénomène. Il n’en est presqueaucun qui dès les premiers pas ne prenne une route différente
(1 ) Lett. de Desç. t. III, 1 . 52, 53.
(2) Ibid. lett. 54.