DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. .Lit. IV. s55«le celle de Descartes , en supposant «juc la lumière pénètre plusdifficilement le milieu le plus dense. Nous ne saurions avoirune occasion plus favorable de rendre compte de ces différentestentatives ; c’est pourquoi nous allons les rassembler ici sous unmême point de vue.
Parmi les philosophes qui ont tenté d’expliquer ou de démon-trer la loi de la réfraction , les uns , à l’exemple de Fermât ,ont recouru aux causes finales , les autres ont tâché de la déduirede causes purement physiques ; nous trouvons M. Leibnitz,parmi les premiers. Ce géomètre et métaphysicien célèbre ,suppose que la lumière va d’un point à un autre , non dans letemps le plus court, comme M. de Fermât, mais par le cheminle plus facile (i ) ; et il mesure la f acilité de ce chemin par lerapport composé de sa longueur et de la résistance dans le milieuoù se meut la lumière. 11 applique son calcul différentiel à déter-miner quel est le chemin le plus facile , et il trouve «pie lessinus des angles que fait le rayon avec la perpendiculaire à lasurface réfringente , sont entre eux réciproquement comme lesrésistances. 11 y a dans l’explication deM. Léibnitz cec» de remar-quable , qu’il prétend que la vitesse augmente à proportion dela résistance, de sorte qu’il s’accorde avec Descartes en donnantà la lumière plus de vitesse dans le milieu le plus dense. Maisses raisons me paroissent trop subtiles pour être convaincantes.Quant au principe de M. Léibnitz , il est sujet aux mêmes dif-ficultés «jue ceiui de M. de Fermât $ il paroît bien prouvé aujour-d’hui que la lumière ne choisit en se rompant, ni le temps le
f »lus court, ni le chemin le plus facile , comme on le verra ,orsqu’on aura fait connoître le mécanisme de la réfraction ,d’après M. Neuton. Nous passons aux explications purementphysiques de cette propriété Je la lumière.
Il y a eu des physiciens qui ont considéré un rayon de lumièrecomme composé de petites parties oblongues , se mouvant pa-rallèlement à elles-mêmes , et dans une direction perpendicu-laire à celle du rayon ( voyez fig. 81 ). Cette supposition étantadmise , ils raisonnent ainsi : lorsqu’un rayon de lumière tombéobliquement sur la surface plane d’un milieu plus dense , parexemple , et plus résistant , le bout d’une petite particuleoblongue de cette lumière , qui arrive le premier à cette sur-face , commence à éprouver une résistance , tandis que l’autrequi est dans le premier milieu , n’en éprouve encore aucune.Celui ci ira toujours avec la même vitesse , et décrira un petitarc , pendant que l’autre qui se plonge dans le second milieu,décrit un arc concentrique , mais plus petit, parce que son
(1) Act. Lips, ann. 1681.