DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. IV. 2..S7l’écrit avec éloge ; ce n’est qu’un vrai paralogisme et une péti-tion de principe.
L’idée (l’Hérigone, quoique peu heureuse, semble avoir donnéà M. Bernoulli celle d’une autre démonstration tirée de mêmed’un principe de Statique. Qu’on conçoive deux puissances don-nées et inégales, qui tirent un point mobile le long d’une lignede position donnée ; tel est , suivant M. Bernoulli , le cas dedeux rayons de lumière, l’un incident , l’autre rompu ; ce qu’ilétablit par un raisonnement , que j’avoue ne pas bien conce-voir. Mais si l’on examine quelle position prendra le point mobiledont nous parlons , dans la supposition ci-dessus , on trouveraqu’elle sera telle , que les sinus des angles avec la perpendi-culaire à la ligne le long de laquelle ce point est mobile, soienten raison donnée , savoir , celle des forces avec lesquelles cepoint est tiré de part et d’autre ; d’où il conclut que le mêmerapport constant doit régner dans la réfraction.
Parmi les explications mécaniques de la réfraction, je n’en con-nois aucune qui soit plus ingénieuse que celle d’IIuygens (1). Elleest une suite très-naturelle de son système sur la lumière, systèmele plus probable et le plus satisfaisant de tous , si l’on n’avoit defortes raisons de pencher vers celui de l’émission. Iluygens faitconsister, comme tout le monde sait, la lumière dans les ondu-lations d’un fluide élastique très-subtil , qui se répandent circu-lairement et avec une promptitude extrême autour du centre lu-mineux. Mais ce n’est pas tout : chacune de ces ondes circulairesrépandues autour du point lumineux , n’est que le résultat d’uneinfinité d’autres ondulations particulières , dont les centres sontdans toutes les parties du fluide ébranlé , et qui concourent toutesà former la principale. Ainsi la direction perpendiculaire de cha-cune de ces ondes , dépend de la rapidité respective de cellesqui la forment , de sorte que si par quelques circonstances lesvitesses de celles-ci deviennent inégales, la direction de la prin-cipale changera ; or c’est, dit Huygens , ce qui arrive dans laréfraction. Un rayon comme LAD ( Jig . 82) , tombant oblique-ment sur un milieu où la lumière pénètre plus difficilement ,
f iar exemple , et où par conséquent elle se meut plus lentement,a partie A de l’onde AD , qui est perpendiculaire à la directionL À , arrive la première ; là son choc excite dans la matière ,dont est imprégné le second milieu , une ondulation qui s’étendcirculairement autour de A , en 1,2 , 3, 4» tandis que les pointsB, C , D , arrivent successivement en b, c , d , et y excitent lesondulations b 1 , b 2., b b •, c i,c i\d\\ ainsi l’ondulation totaleest Gif, et la direction du rayon de lumière , qui lui est per-
(i; Tract. De Lum. c. 3Tome II.
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