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lescopes une courbure elliptique ou hyperbolique , et en parti-culier la dernière qu’il jugeoit préférable. Il propose pour ceteffet à la fin de sa Dioptrique diverses machines ; ses lettresnous apprennent aussi qu’il se donna de grands mouvemenspour y réussir. Étant à Paris en 1628, il engagea un fabricateurd’instrumens mathématiques , nommé Ferrier, à entrer dans sesvues , et il lui écrivit ensuite diverses lettres pleines d’instruc-tions pour le guider. Cet artiste vint effectivement à bout , ditDescartes , de tailler un assez bon verre hyperbolique convexe ;mais il ne put réussir au concave , et s’étant dégoûté de cetravail difficile, cette entreprise n’eut pas d’autre suite. On litnéanmoins dans le livre de vero Telescopii inventore , que ceSr. Ferrier étoit venu à bout de faire à Descartes une lunettede ce genre , de dix pouces seulement de longueur, qui de quatrelieues de distance faisoit appercevoir des brins d’herbe de lagrandeur d’un pouce ; mais on ne trouve rien de semblable dansla lettre de Descartes , et d’ailleurs cela est exagéré au-delà desbornes de toute crédibilité.
Les promesses de Descartes qui n’alloient pas moins qu’à dé-couvrir dans les astres les plus petits objets , et l’instigation deM. Huygens deZulichem, le père du célèbre Huygens , avec quiil étoit lié d’amitié , portèrent aussi quelques artistes hollandoisà faire des efforts pour mettre ses machines à exécution (r) ;mais les difficultés les rebutèrent probablement , et leur firentabandonner ce travail ; nous ne voyons pas qu’il soit venu delàà Descartes aucun bon verre hyperbolique. Depuis ce temps ,quantité d’autres mathématiciens ou artistes ont proposé denouvelles inventions pour le même sujet. Wren entr’autres ena proposé une (2) , qui est fondée sur une nouvelle propriétéde l’hyperbole, et qui me paroît être une de celles dont onpourroit le plus légitimement attendre du succès ; on trouve aussidans les anciens mémoires de l’académie de Berlin ( 3 ) la descrip-tion d’une machine inventée pour cet effet par M. Hertelius :cependant, nonobstant tous ces efforts, les verres hyperboliquessont encore des êtres imaginaires , et ceux qui connoissent lamanière dont on travaille les verres lenticulaires, n’en serontpoint surpris. On a vu , à la vérité , quelquefois annoncer dansdes Journaux , qu’on étoit enfin parvenu à faire des verres decette forme. On lit dans les Transactions philosophiques ( 4 )qu’un M. du Son avoit fait de bons verres paraboliques ( on aapparemment voulu dire hyperboliques 3 car des verres parabo»;
(1) Lettres de Desc. tom. II, létt. 81, (3) Tom. III, ad ann. 1710.
Si, 85, 86, 90. (4) Ana. 1665.
(2) Trans. PAU. ann. 1668 , 1669.