283 HISTOIRE
commencement du mois de mars suivant, sons le titre de KurtciusSidereus ; époque mémorable , et qu’on peut regarder connuecelle du tiiomphe de la saine astronomie-pnysiquc , sur les pré-jugés de l’ancienne philosophie. Galilée ne se borna pas là , àl'égard de ces nouvelles planètes ; curieux de reconrioître lesbizarreries de leurs mouveinens , il les observa autant qu’il putles années suivantes ; il s’en forma une sorte de théorie , et ilosa au commencement de l6i 3 prédire leurs configurations pourdeux mois consécutifs ( 1 ).
Galilée devoit se savoir trop de gré d’avoir tourné son téles-cope sur la lune et Jupiter , pour ne pas passer de même enrevue les autres planètes. Celle de Vénus lui offrit un spectaclenon moins concluant contre l’ancienne philosophie ; ce queCopernic avoit autrefois dit être nécessaire, savoir que Vénuseût des phases semblables à celles de la lune , le télescope ledémontra à Galilée. Il la vit en croissant dans les environs desa conjonction inférieure, demi-pleine vers ses plus grandesélongations du soleil , pleine enfin ou presque pleine , dans levoisinage de la conjonction supérieure. Comme il s’attendoit àce phénomène , il en fut plus satisfait que surpris ; mais celuique lui offrit Saturne le frappa d’étonnement ; son télescopen’augmentant pas assez les objets pour distinguer les anses del’anneau qui environne , comme l’on sait, cette planète, ellelui parut accompagnée de deux globes , qu’il prit pour deuxsatellites immobiles. Sa surprise fut bien plus grande , lorsqu’a-près deux ans d’observations , il vit disparoître ces prétenduesplanètes ; il ri'étoit pas possible à Galilée d’entrevoir la cause dece bizarre phénomène. Nous en rendrons compte en expliquantles découvertes d’Huygens sur ce sujet.
La découverte des taches du soleil n’a pas moins contribuéque les précédentes à la célébiité de Galilée ; elle lui est, à lavérité disputée , tant par Jean Fabricius que par le P. Scheiner ;mais c’est une discussion qui nous occupera dans un des articlessuivans : c’est pourquoi nous nous bornons ici à ce peu de motssur cette brillante découverte.
Galilée étoit trop dégagé des préjugés de l’ancienne philo-sophie pour ne pas tirer de ces découvertes les fortes preuvesqu’elles fournissent en faveur du vrai système de l’univers. Ilétablit la ressemblance des corps célestes avec la terre , par lesinégalités de la lune , par les altérations qu’on observe sur lasurface du soleil , et par les satellites de Jupiter. Ces quatre pla-nètes subordonnées à une autre , et qui l’accompagnent .danstoute sa révolution , lui fournirent une réponse sans réplique
(i) Lett, 3 a. al S. Velsero,
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