DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. V. 291une grande partie des écrits de son illustre aïeul ; l’autre dis-parut jeune , sans qu’on en ait jamais eu aucune nouvelle. Ainsice nom est aujourd’hui éteint dans sa patrie , et ne subsiste plusque dans les fastes des sciences.
Malgré l’attentat irnbécille de ce petit-fils de Galilée sur lesmanuscrits de son aïeul , il n’a pas laissé d’en échapper unecertaine quantité ; ils furent soustraits à sa mort par Viviani ,qui les avoit soigneusement cachés , et ils tombèrent enfin dansla possession du savant M. Nelli ; ce noble florentin annonçoitvers 1760 avoir dessein de les publier , et en particulier quelquescentaines de lettrés de la correspondance de Galilée avec lesplus savans hommes de son temps , ainsi qu’une nouvelle viede cet homme célèbre , qui eut été bien curieuse 5 car M. Nellia fait ses preuves en ce genre , par son Saggio deU’historia lit-teraria fiorentina ; mais ce projet 11’a pas eu d’exécution. M. Nellien la possession duquel étoit tombée la maison de Viviani , anéanmoins rempli les intentions de ce disciple et commensal deGalilée , en faisant élever dans l’église de Sainte-Croix de Flo-rence un tombeau à cet homme célèbre. Il consiste en troisfigures de marbre , dont l’une représentant le buste de Galiléeest accompagnée de celles de la Géométrie et de l’Astronomie ,en attitude de pleurer sa mort.
I V.
Avant de raconter l’histoire de la condamnation fameuse deGalilée , il est à propos de parier d’une petite persécution qu’iléprouva de la part des philosophes de Bologne. Ils se distin-guèrent surtout à cet égard , et parmi eux le vieux péripaté-ticien Chiaramonti , qui ne cessa d écrire contre Galilée, Kepleret Tycho. Mais ils ne se bornèrent pas à cela , ils y joignirentces trames secrètes qui ne partent que d’ames basses et viles : envoici un trait peu connu et propre à figurer ici.
Il y avoit alors en Italie une espèce de protégé de Kepler,qui l’avoit même recommandé à Galilée ; il se nommoit MartinHorky. Les professeurs de Bologne le gagnèrent à eux , et l’en-gagèrent à écrire contre lui : il publia en effet contre sa per-sonne et ses découvertes un petit écrit fort virulent, sous le titrede Peregrinatio , dans lequel il assuroit que ses découvertesprétendues étoient de pures visions d’un homme ayant le cer-veau un peu timbré , et l’esprit aussi maléficié que le corps etle visage ( 1 ). Il disoit aussi à Kepler que Galilée étoit venu à
(i) Galilée , soit par effet de son tem- de la contention habituelle de son esprit,péramment, soit à cause de ses veilles et avoit le visage fort couperosé.
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