2 c;8 HISTOIRE
théologiens. Le D. Fromondus de Louvain publia en 1681 sonAnti-Aristarchus , &c. où il défendoit le décret du St.-Oflice ,donné en 16x6 contre les Coperniciens ; Philippe Lansbergedéduisit au contraire en 1682 , dans ses Commentationes inmotum terme diurnum et annuum, &c. , les preuves que ceux-cidonnoient de leur sentiment. En même temps le fils de Lans-berge ( nommé Jacques ) , répondit à Fromond , et celui-cirépliqua par sa Vesta seu Anti-Aristarchi vindex, Le. Écoutonsencore un anti-copernicien , sur le mérite des écrits astrono-miques de ce docteur de Louvain ; le P. Dechales, tout jésuitequ’il étoit, convient que la plus grande partie des argumens phy-sico-mathématiques qu’il opposoit aux coperniciens ne partoitque de son peu d’intelligence en physique et en mathématiques.Nous ajouterons qu’il y en a deux d’une ridiculité extrême ; telest celui-ci : l’ Enfer, dit gravement ce docteur (j) , est au cetitrede la terre , et doit être le plus loin possible de L’Empytée ,le séjour des bienheureux , qui est sous la dernière voûte del’univers. Le centre étant donc le plus éloigné de la circon-férence de tout côté, celui de la terre doit être celui de Vuni-vers. De pareils raisonnemens ne méritent pour réponse que deséclats de rire.
Parmi ceux qui n’ont pas admis le mouvement de la terre ,un des plus raisonnables est le P. Riccioli ; ce savant astronomepassant en revue tous les argumens anti-coperniciens, au nombrede plus de soixante , convient de bonne foi qu’il n’en est aucunauquel on ne donne une bonne réponse. Il en forme cependantlui-même un , tiré de l’accélération des graves , qu’il regardecomme si pressant qu’il ne craint pas de dire qu’il est d’uneévidence physico-mathématique , que la terre n’est pas en mou-vement ; cela nous engage à présenter ici ce raisonnement etsa réponse. Qu’on laisse tomber du haut d’une tour AB (f". 89)un poids quelconque; ce poids, suivant la doctrine de l’accélé-ration des graves, parcourra en quatre temps égaux des espacesAC; CD; DE, EB, qui seront entre eux comme i, 3 , 5,7.Si la terre tourne , et que le point B parcoure l’arc BF dans lemême temps que le sommet de la tour parcoure l’arc AQ ; quecet arc soit divisé en quatre parties égales ; qu’on tire les rayonset qu’on décrive les arcs Ce, Dd, Ee, le corps dans l’hypothèsedu mouvement de la terre parcourra dans quatre temps égauxles espaces A c, c d, de , eF. Or l’on trouve encore par le calculque supposant la durée entière de la chute de quatre secondes,Ou la hauteur AB de 240 pieds, les lignes A c, cd, de, éF,sont à peu de chose près égales. Donc , dit Riccioli, les vitesses
(r) Ântarist. c. 12. It. Vesta. tract. J. cap. 2.