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Tome second.
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DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. V. 297refroidie. Morin en poussa de vives plaintes dans une lettre impri-mée et adressée à un neveu du Prieur ; et quoique Gassendi luieût protesté qu’il n’y avoit aucune part, Morin ne cessa depuisce moment de lui donner des preuves de son inimitié par seshoroscopes sur sa santé et sur sa mort prochaine , vengeanceaussi ridicule qu’impuissante $ car ces horoscopes, quoique laitsd’après les principes de son Astrotogia gallrca, furent toujoursmenteurs , comme ceux qu’il eut la hardiesse de faire sur lamort de Louis XIII , qui sembla ne revenir des portes dutombeau que pour lui donner le démenti le plus formel. Quantaux deux ouvrages de Morin contre Copernic , ils ne sont aujugement du P. Dechales , jésuite, et peu favorable au senti-ment de la terre mobile , qu’un tissu de mauvaise physique.On peut acquiescer à cette décision non-suspecte.

Quand on considère cette dispute vive , âcre et prolongéeentre Gassendi et Morin , peut - on dire avec Bailly que lepremier ne fut pas bien décidément un partisan de Copernic.Il est vrai qu’il ne trancha jamais le mot , et même que dansson Institutio astronomica , il traite les phénomènes célestesselon les trois systèmes de Ptolémée , de Tycho et de Copernic.Ce lut sans doute par ménagement pour la cour de Borne ,peut-être pour ne pas heurter la manière de penser du clergéde France qu’il en usa ainsi ; mais la manière dont il sapales plus fortes objections des partisans de la terre immobile ,prouve suffisamment son sentiment intérieur.

Copernic faillit en effet vers le même temps à essuyer enFrance une condamnation semblable à celle que Rome avoitlancée contre lui. Le cardinal de Richelieu , animé par lessuggestions de quelques philosophes de l’Ecole , qui alarmèrentsa religion , poursuivoit cette condamnation en Sorbonne ; onétoit assemblé , et le plus grand nombre alloit à donner undécret semblable à celui de l’inquisition ; mais les réflexionsd’un docteur , homme d’esprit , arrêtèrent le coup , et épar-gnèrent à ce corps une pareille sottise. La question du mou-vement ou du repos de la terre ne fut traitée que philosophi-quement , malgré les efforts de ceux qui tentèrent d’y employerla voie de l’autorité.

Parmi les champions que Copernic et Galilée eurent en France ,on doit distinguer l’abbé Bouillaud ; il en prit la défense haute-ment dans son Philolaûs ( Amstel. 1 63 9 , ) , et écrivit

ouvertement contre Morin , qui s’en plaint aussi beaucoup. Ileut cependant à d’autres égards des torts réels envers Morin ,comme on le verra plus loin.

Pendant que cela se passoit en France , la querelle n’ét'oitpas moins vive dans les Pays-Bas, entre les astronomes et lesTome 11 . P p