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Tome second.
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3i8 HISTOIRE

broeck , ce savant professeur de Leyde , a calculé de nouveautous les triangles de Snellius, d'après les corrections qu’il y avoitfaites , et il y a trouvé par ce moyen la grandeur du degré de29010 perches , ou 5 yo 5 à toises , ce qui ne diflère de la mesurede M. Picard que d’une trentaine de toises.

Il n’y avoit pas encore long temps que Snellius avoit achevésa mesure , lorsque Biaeu eu entreprit une semblable. Nousignorons les motifs qui l’y portèrent, l’ouvrage qu'il préparoitsur ce sujet 11’ayant jamais vu le jour. Peut-être soupçonnoit ill’erreur qui s’étoit glissée dans la mesure de Snellius. Quoiqu’il en soit , il est certain qu’après les travaux de M. Picard,et des académiciens qui ont décidé la fameuse question dela figure de la terre , il ne s’est rien fait de plus exact. Biaeumesura trigonométriquement un très-grand arc du méiidien,et détermina la différence de latitude des extrémités , avec unsecteur de douze degrés , portion d’un cercle de quatorze piedsde rayon ( 1 ). Aussi l’exactitude de sa mesure répond elle auxsoins qu’il se donna. C’est le témoignage qu en rend M. Picard(2) : cet exact observateur allant à Uranibourg , et passant parAmsterdam, y vit le manuscrit de Biaeu entre les mains d’unde ses descendans, et il nous apprend que sa mesure ne dif-féroit de la sienne propre que de soixante pieds du Rhin. Cecidoit nous donner une grande idée de la dextérité de Biaeu àobserver , et des attentions qu’il apporta à cette opération.Guillaume Jinsen Biaeu, en latin Caesius , qui est le nom qu’ilprend dans ses écrits latins, étoit un disciple de Tycho. Ils’est fait un nom célèbre par ses travaux géographiques ; ilmourut en 1608, âgé de soixante-quinze ans. il a eu plusieursdescendans qui ont long-temps soutenu en Hollande, la hauteréputation de ce nom.

Nous trouvons vers le même temps un astronome angloisqui travailla pour la troisième fois à la mesure de la terre ,avec succès ( 3 ). Richard Norwood, c’est le nom de cet astro-nome , eut le courage de mesurer la distance de Londres àYorck , c’est-à dire , plus de soixante lieues, la chaîne à lamain. Voici quelle étoit sa méthode. Il mesnroit la longueurdes chemins, en conservant autant (ju’il pouvoit la même direc-tion : il avoit soin de déterminer en même temps par le moyende la boussole l’angle du chemin ou de la ligne mesurée avecle méridien , aussi-bien que les angles d’inclinaison à l’horizonà chaque fois (ju’il inontoit ou descendoit ; après quoi il rédui-sait les longueurs trouvées au plan horizontal et au méridien.

(1) Vossius, de Scient. Math. p.

>6j.

(2) Voyage d’Uranilourg.

(3) Sea-man’s Practice. Lond. 16p..