DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Lxv. V. 3 i 7comme dans la plaine , une longue hase LM, et par des opé-rations trigonométriques on en conclut la longueur en toisesd’un côté d’un des triangles voisins, comme AB. Ce côté uniqueétant connu , il est facile de déterminer la longueur de tousceux de la suite des triangles, et par leur position connue avecla méridienne, les portions de cette méridienne A/6, B c, C d, &c.comprises entre les parallèles passant par A, B, C, &c. On a ,par l’addition de toutes ces portions , la longueur de l’arc duméridien compris entre les parallèles des lieux extrêmes. Il nereste donc qu’à mesurer leur différence en latitude , ce qui estfacile , et l’on connoit par là à quelle poition du méridienrépond la longueur trouvée , de sorte qu’on en conclut la lon-gueur du degré , et celle de la circonférence. Pour plus grandecertitude de l’opération , on doit déterminer à l’extiémitéopposée de cette suite de triangles , comme en NO , une nou-velle hase , dont on conclut la longueur d’après un des der-niers côtés de la suite , comme IT 1 ; et si cette longueur cadreexactement avec la mesure actuelle qu’on en fait , on peut enconclure qu’il n’y a nulle part erreur.
Telle est la méthode que suivit Snellius ; il trouva entre lesparallèles d’Alcmaer et Bergonzoom , qui étoient ses lieux ex-trêmes , d|Oiti perches du Rhin, et une différence de latitudede i“. , 3 o" , d’où il conclut le degré de 2847! perches. Il
observa aussi la latitude de Leyde , lieu moyen entre Alcmaeret Bergopzoorn , et par cette opération il trouva 286 10 perches jc’est pourquoi prenant un milieu , il estima le degré terrestreà 28491 ou 28)00 perches, qui reviennent à .55o2i toises deParis. Le détail de ses opérations est exposé dans son Eratos-tenes Batavus , qui est l’ouvrage qu’il publia eu 1617.
M. Picard ayant mesuré la terre en 1671 , et ayant trouvé pardes opérations qui portent le caractère de la plus grande exac-titude le degré entre Paris et Amiens , de .67060 toises , on areconnu que Snellius s’étoit trompé ( 1 ) ; mais M. Muschen-broeck , jaloux de la gl dre de son compatriote , nous a apprisdes particularités qui le justifient (2). Snellius s’étoit appei çu deson erreur, il av< it de nouveau mesuré sa base et les angles deses triangles , et même prolongé sa méridienne du côté du Midipar Anvers jusqu’à Malines. U r.e proposoit de redonner sonErastotenes Batavus , avec les corrections convenables, lors-qu’une mort précipitée l enleva et fit échouer son projet. Sesmanuscrits étant tombés depuis entre les mains de M. Muschetn-
(1) Mémoires de l'académie 1702. (2) Diss de Magnit, terrae. Parmi
Voyez aussi le livre de la grandeur de scs Diss. Physicac.la terre , parc. II, c. 8.