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Tome second.
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382 HISTOIRE

l’aire sera \ x On ne peut disconvenir que le principe et laméthode des fluxions ne soyent exposés dans cet endroit del’écrit dont nous parlons , mais on n’a aucune certitude queLeibnitz l’ait vu : il ne lui a jamais été communiqué par lettres;ses adversaires ne l’ont pas même avancé , et ils se sont con-tentés de donner à soupçonner que Leibnitz , dans l’entrevuequ’il eut avec Collins lors de son second voyage à Londres ,avoit eu communication de cet écrit. A la vérité, ce soupçonn’est pas entièrement destitué de vraisemblance , d’autant queLeibnitz convient d’avoir vu dans cette entrevue une partie duCommerce Epistolaire de Collins. Je crois cependant qu’ilseroit téméraire de prononcer là - dessus. Si Leibnitz s’étoitborné à quelques essais de son calcul nouveau , ce soupçonseroit fondé ; mais quand on voit ce calcul prendre entre sesmains l’accroissement qu’attestent tant de pièces insérées dansles Acta Eruditorum, on doit ce semble reconnoître qu’il dûtprobablement à son génie et aux efforts qu’il fit pour devinerune méthode qui mettoit Neuton en possession de tant debelles vérités, l’invention de la sienne. Cela est d’autant plusvraisemblable , que du calcul de Barrow , il n’y a pas bien loinau calcul différentiel. Le pas n’étoit pas bien grand pour ungénie tel que celui dont Leibnitz a donné tant de preuves.

VIII.

L’Angleterre , quoique le pays natal des calculs que nousnommons différentiel et intégral, n’est cependant pas celui oùils ont d'abord pris leur accroissement. Nous faisons abstractionde Neuton, qui les appliqua dès-lors avec tant de succès à ladécouverte des vérités les plus sublimes , et qui étoit en pos-session de quantités de méthodes excellentes. Mais à l’exceptionde ce qu’il en dévoila dans ses Vrincipes en 1687, et de ce quien put transpirer d’après ses lettres et ses manuscrits , c’étoitun trésor précieux dont lui seul avoit encore la clef; de ma-nière que c’est en quelque sorte du continent que l’Angleterrereçut la connoissance de ce calcul. Craig , qui le premier lecultiva , et qui l’appliqua à la dimension des grandeurs cur-vilignes (1), le tenoit des pièces insérées par Leibnitz dans lesActes de Leipsick. Il en fait l’aveu de plusieurs manières , soiten appellant cette méthode le calcul de Leibnitz , soit en adop-tant sa notation. Ainsi, c’est à l’époque de la connoissancequ’en donna M. Leibnitz au monde savant, qu’on doit à certains

( 1 ) De Jlg. curvil. quad. et lotis. Geom. Lond. i6ç3, in- 4°.