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nombreuses dont il fut chargé par ce prince ne lui permirentguère plus alors de s’adonner aux Mathématiques. Cependantlorsque les Actes de Lcipsick parurent , il ne laissa pas de lesenrichir de quantité d’écrits , soit physiques, soit mathématiques,écrits qui sont tous marqués au coin du génie , et qui font re-gretter que leur auteur n’ait pas eu le loisir de suivre davantageses idées , et de se livrer à un travail plus réglé sur ces ma-tières. M. Leibnitz se le proposa souvent, et il a été pendantplusieurs années question d’un ouvrage de Scientiâ infiniti ,dont son nouveau calcul, et surtout le calcul intégral auroitfait la principale partie ; mais distrait par des entreprises labo-rieuses , et encore plus par son penchant vers la Métaphysiquela plus déliée , il ne trouva jamais le temps de remplir l’attentedont il avoit flatté le monde savant. On ne sauroit trop regretterl’inexécution de cet ouvrage. Car à qui appartenoit - il mieuxqu’à Leibnitz d’exposer les principes et les usages d’un calculdont il étoit un des inventeurs ? Quelle ample moisson d’idéessublimes , neuves et fécondes n’eut pas présenté un ouvrageauquel il eut mis d’autant plus de soin , que c’étoit la plusforte réponse qu’il pût faire à ceux qui lui contestoient la partqu’il avoit dans l’invention de ces nouveaux calculs? Peu avantsa mort , il écrivoit à Wolf qu’il avoit encore à donner sur cesujet quelque chose d’inespéré , et qui n’avoit rien de semblableaux inventions de Neuton et des géomètres anglois.
L’attention de Leibnitz se portoit sur tout ce qui peut con-tribuer à l’accroissement et à la propagation des sciences. L’éta-blissement d’une académie en Allemagne lui parut propre àcela , et il le sollicita auprès de Frédéric 1 er . , roi de Prusse etélecteur de Brandebourg. Ce prince entrant dans ses vues, fondaen 1701 à Berlin , sa capitale , cette académie , émule de cellesde Paris et de Londres , qu’on y voit fleurir aujourd’hui. M.Leibnitz en fut nommé président, et remplit cette place jusqu’àsa mort ; elle arriva le 14 novembre 1716 , et elle fut causéepar un accès de goutte remontée , qui le suffoqua presquesubitement. 11 étoit un des associés étrangers que l’académiechoisit lors des nouveaux réglemens qu’elle reçut en 1699. ^entretenoit depuis plusieurs années avec M. Jean Bernoulli uncommerce de lettres , qui a été mis au jour en 1740 , sous letitre de Leibnitii ac Bernoullii Corn/n. J’Ai/, et Math. 2. vol.in- 4 0 . Rien de plus intéressant que ce recueil pour celui quiest suffisamment versé dans la Géométrie et l’Analyse. Qn’onse représente deux hommes d’un génie transcendant , se com-muniquant de confiance leurs vues ; comme le choc d’un cailloucontre un autre fait jaillir l’étincelle , ainsi les idées de l’unexcitent celles de l’autre. C’est surtout dans ce recueil qu’il faut
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