DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. VII. 489avons déjà observé, et la justice l’exigeoit, que ce principeavoit été mieux qu’entrevu par Stevin , mécanicien digne d’uneplus grande célébrité, et qui écrivoit , près d’un siècle aupa-ravant , une mécanique nouvelle très-estimable , et fort supé-rieure à ce qu’on pouvoit attendre de son temps. Il faut encoreremarquer que le principe ci dessus 11’est proprement que celuide la composition du mouvement connu dès long - temps , etétendu à l’équilibre. Car le mouvement actuel cessant, dégénèreen une simple pression , et il est évident que ce qui est vrai dumouvement, doit l’être aussi de la pression. Quand on considèreces choses , il n’y a plus lieu d'être surpris que le P. Lami aiteu vers le même temps des idées assez semblables (1) ; et lessoupçons de plagiat qu’éleva contre lui un journaliste peuventn’être pas fondés. Quoi qu’il en soit , c’est avec justice que lesmécaniciens venus après M. Varignon semblent lui avoir déféréla principale part à l’invention de ce principe , en l’appellantpar un accord presque universel, le principe de M. Varignon.Quant à la Nouvelle Mécanique annoncée par le livre dont ona parlé ci dessus , elle n’a vu le jour qu’après sa mort , en 1725( 2 vol. i/i- 4 °. )• On pourroit y trouver à redire le défaut ordi-naire à son auteur , savoir d’être intarissable sur les exemples ,et d’envier en quelque sorte à ses lecteurs le plaisir de trouverun seul cas qui lui ait échappé.
Varignon (Pierre) étoit né à Caen, en 1604. La vue d’unEuclide , qu’il rencontra par hasard dans le temps qu’il étu-dioit en philosophie , le tourna du côté de la Géométrie. Il passade là à l’analyse de Descartes , qui le confirma dans son goûtpour les mathématiques , et dans le dégoût qu’il avoit conçupour la philosophie de sou temps. 11 vint en 1686 à Paris, avecl’abbé de Saint-Pierre , qui lui fit une pension de 3 oo livres.Son Projet d’une nouvelle Mécanique , qu’il publia en 1687 ,lui valut l’entrée de l’académie , et une chaire au collège Ma-zarin. M. Varignon fut des premiers qui goûtèrent la nou-velle Géométrie, appellée des infiaiment-petits , et il la défenditavec grand succès contre Rolle et ses autres ennemis. Ce savantmathématicien mourut au mois de décembre 1722. Outre lesouvrages et les écrits dont nous parlons dans cet article, on ade lui une Nouvelle explication de la pesanteur ( Paris, 169 5 ),qui ne me paroît guère heureuse , et des notes posthumes surl’analyse des infiniment-petits de M. de l’Hôpital ( Paris , 1724,in- 4°. ). Voyez son éloge dans l’Histoire de l’académie , del’année 1728.
MM. de La-PIire et Amontons sont aussi du nombre de ceux
(1) Voyez la lettre da P. Lami à M. Dieulamant, Journal des savans , 1687.
Tome IL Q q q