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eût paru facile. Aucun n’eût hésité à répondre que ce rayonde lumière continueroit 6on elle min en ligne droite. Qui eûtpu soupçonner, sans le secours de l’expérience , que le simple■voisinage des corps soit pour la lumière une cause de chan-gement de direction.
C’est-là cependant le phénomène que découvrit le P. Gri-maldi , Jésuite, et qui fut dévoilé aux sa vans dans son ouvrageposthume intitulé , 1 ’ h y sico-mathesis de lumitie , coloribus etiride aliisque arme xi s libri //, &c. ( Bononiae , 1 6(5 ; in- 4 0 .)Ce compagnon des travaux astronomiques du 1 J . Riccioli ayantintroduit dans la chambre obscure , par un trou très-petit ,un rayon de lumière , lui exposa un cheveu et d’autres corpsdéliés de cette espèce. Il fut fort surpris à l’aspect de l’ombrelarge qu'il leur vit jetter. Il la mesura , ainsi que la distancedu trou d’où divergeoit la lumière jusqu’à l’objet, et il s’assurapar là que cette ombre étoit beaucoup plus grande qu’elle n’eûtdû être , si les rayons qui avoient effleuré ces corps , eussentcontinué leur route en ligne droite. 11 observa aussi que lecercle de lumière formé par un très-petit trou percé dans unelame déliée de métal , étoit plus grande qu’elle ne de voit être,eu égard à la divergence des rayons solaires , et delà il con-clut, malgré scs répugnances, que les rayons de lumière dansle voisinage de certains corps , y éprouvent un certain fléchis-sement ; c’est-là ce qu’il appelln du nom de diffraction , etque depuis , Neuton , qui a répété ces expériences , et quiles a beaucoup plus variées et approfondies , a appellé infle-xion. Grimaldi fit encore l'importante remarque de la dilata-tion du faisceau des rayons solaires , causée par le prisme.Mais il ne faut pas en conclure avec un écrivain du mêmecorps , qu’il connut la différente réfrangibilité de ces rayons.Il 11’en soupçonna rien , et cet effet il l'attribua seulement àun certain éparpillement irrégulier, causé par les parties duprisme. L’otpvrage de Grimaldi est enfin rempli de quantitéd'expériences curieuses sur la lumière et les couleurs. C’en estle principal mérite ; car sa physique est d’ailleurs en généraldu goût de la patrie de cet auteur , pays qui , quoiqu’il aitdonné au monde les Galilée, les Torricelli, &c. n’a rien moinsété que des premiers à secouer le joug d’Aristote. Il faut pour-tant convenir, à l’honneur de Grimaldi , qu’il paroît au titremême de son ouvrage que s il eût vécu dans un autre pays, etsous un antre régime que celui de sa société , il eût peut-êtrebravé hardiment les dogmes de l’ancienne philosophie. H mou-rut en 1 66b, pen avancé en âge, c’est-à-dire, âgé seulementd’environ quarante quatre ans; et l’on peut regretter qu’il 11 aitpas fourni une plus longue carrière.