DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. VIII. 5oj
I V.
Quoique nous touchions de fort près aux découvertes sublimesdont Neuton a enrichi l’Optique , qu’il nous soit permis d’endifférer encore pour quelques niomens le récit, alin de rendrecompte des écrits et des travaux de divers opticiens ses con-temporains, qui revendiquent ici une place. Cette énumération ,nous la commençons avec justice par Huygens. L’Optique , demême que les autres parties des mathématiques, a ries obliga-tions à cet homme célèbre. 11 s’y étoit beaucoup adonné danssa jeunesse, et les éditeurs de ses œuvres nous apprennent quela plus grande partie de ce que contient sa Dioptriqud , estl’ouvrage de ce temps de sa vie. Dans la suite, Neuton ayantdécouvert la différente réfrangibilité de la lumière , et ouvertpar-là aux opticiens une nouvelle carrière , Huygens y entraaussi le premier , et ajouta à ce traité diverses choses concer-nant la distinction des images dans les instrurnens optiques.Huygens négligea néanmoins toute sa vie de mettre au jour cetouvrage. 11 n’a paru qu’après sa mort, parmi ses œuvres post-humes. Neuton en faisoit beaucoup de cas , à cause de la mé-thode purement géométrique, et dans le goût des anciens, quirè gne dans ce livre. Nous ne pouvons cependant dissimulerqu’il faudroit avoir du courage pour entreprendre de s’y ins-truire de cette science.
Huygens ne se borna pas à la théorie de l’Optique. Persuadéde 1 importance de la partie pratique, pour porter plus loin lesdécouvertes célestes, il mit lui-même la main à l’œuvre; et aidéde son frère aîné , à qui il avoit inspiré du goût pour les mêmestravaux, il parvint à se fabriquer, comme on l’a dit ailleurs,des télescopes fort supérieurs à ceux qui étoient sortis jusque làdes mains des artistes les plus renommés en ce genre. Il se fitdes objectifs qui avoient jusqu à deux cent dix pieds de foyer.Sa manière de travailler ces verres , il l’a expliquée dans sonComment, de vitris poliendis , qu’on lit parmi ses œuvres post-humes. Huygens s’est encore fait un nom parmi les opticiens ,par un système fort ingénieux sur la nature de la lumière , etla cause de la réfraction (i). Comme nous l’avons fait con-noître , et même développé dans le livre III , nous nous bor-nons ici à cette indication ; nous ajouterons seulement qu’ontrouve dans cet écrit un essai ingénieux d’explication des réfrac-tions singulières que la lumière éprouve dans le crystal d’Islande.
(i) Voyez Tract, de Itmine.
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