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Tome second.
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5 12 HISTOIRE

Gray (i) nous a appris à construire encore à moins de fraisd’excellens microscopes simples ; une très-petite goutte d'eau ,mise avec le bec d’une plume dans le trou d’une plaque decuivre très mince , s’y arrondira en sphère, et tiendra lien d’unede verre. A la vérité, elle grossira moins , mais il sera facile deregagner par la petitesse ce que l’on perd à cause de la diffé-rence des matières. Gray a fait encore une remarque tout-à-faitcurieuses sur ce sujet. Ayant observé dans des globules de verre,que les petits corps hétérogènes qu’ils renfermoient, paroissoientdans certains cas extraordinairement grossis , et comme s’ilseussent été dehors, il conjectura qu’une goutte ronde d’eau rem-plie des petits animaux qu’elle contient quelquefois , les luiferoit appercevoir , de même que le globule de verre lui mon-trent les corps renfermés dans son intérieur. 11 le tenta, et celalui réussit au-delà de ses espérances. Un petit globule d’eauqui devoit contenir de ces animaux , ayant été placé commeon a dit plus haut , et étant regardé à la lumière , les lui litappercevoir si prodigieusement grossis, qu’il lui fallut chercherpourquoi ils l’étoient tant. Nous en donnerons ici une raisonsensible pour les lecteurs les moins versés dans la théorie del’Optique. 11 suffit de remarquer qu’un semblable microscopeest un microscope à'réflection et à réfraction. La partie anté-rieure tient lieu d’un miroir concave qui grossit les objets pla-cés entre sa surface et le foyer. Ce miroir réfléchit donc versla partie antérieure de la goutte les rayons de ces petits objets,comme s’ils venoient de leur image qui est beaucoup plus grandequ’eux. On trouve enfin par le calcul que ces objets doiventparoître 3 j aussi gros que s’ils eussent été appliqués à la ma-nière ordinaire au foyer du globule.

On s’étonneroit avec justice que parmi les inventious optiquesque nous parcourons dans cet article, nous ne donnassionsaucune place aux miroirs ardens , dont plusieurs firent tant debruit vers le même temps. L’histoire de ces instrumens sin-guliers ne peut que bien figurer dans un ouvrage tel que celui-ci. Dans cette vue , nous allons rassembler, d’après différensauteurs , ce qu’ils nous rapportent de plus mémorable sur cesujet.

Le plus grand miroir ardent qui eût été exécuté avant lemilieu du dix-septième siècle, étoit, je crois, celui de Magin ,qui avoit vingt pouces de diamètre. C’étoit déjà quelque chose;mais peu après cette époque, divers artistes et opticiens allèrentbeaucoup plus loin. Septala , chanoine de Milan , en fit un

(i) Trans. Phil. n°. aai , 223. Opt. de Smith , liv. III, c. 18.

dont