DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. VIII. 5i5produire de tels effets. Ce que dit néanmoins Zahn (5) , estbien plus étonnant ; il raconte qu’un ingénieur de Vienne ,nommé Neumin , fit avec du carton et de la paille collée ,un miroir qui fondit les métaux. On peut , malgré ce témoi-gnage , être un peu Pyrrhonien sur un pareil fait. Nous con-cevons plus facilement , ou plutôt nous n’avons aucune peineà concevoir, que de petits fragmens de miroirs plans, arrangésdans la concavité d’un segment sphérique de bois , puissentformer un excellent miroir concave. C’est-là , sans doute , lamanière la plus expéditive et la moins coûteuse qu’on puisseimaginer pour se faire un grand miroir ardent; et nous ne dou-tons point , vu la grande vivacité de la réflection qui se faitsur le verre , qu’un miroir semblable ne produisit des effetsprodigieux.
M. de Buffon a renouvelle , vers le commencement de cesiècle , les merveilles des miroirs de M. de Tschirnhausen. Ila eu l idée de prendre des glaces de miroir , de les couper cir-culaireinent , et ensuite les astreignant par les bords, de lesrendre concaves par une pression appliquée au centre ; cetteidée lui a en effet réussi , et il s’est procuré par-là plusieursglaces concaves, qui étant étamées, lui ont donné des miroirsexcellons (ô). Il en présenta un au roi , qui a trois pieds dediamètre , et qui produit les mêmes effets que ceux de Villetteet de Tschirnhausen. Je ne dis rien ici de l’invention des mi-roirs d’Archimêde, qu’il nous a rendue. Alin d’éviter les répé-titions, je me borne à renvoyer à l’article d’Archimède, ou àcelui d’Antheinius , où ce qui concerne ces miroirs fameux estamplement discuté , et où l’invention de cet académicien estsuffisamment décrite.
V.
Il est peu de sujets qui aient plus long-temps occupé lesphysiciens, et occasionné plus de conjectures infructueuses queles couleurs des corps , et celles dont le prisme paroît teindreles objets ou les rayons de la lumière. Cette énigme si difficileà deviner, étoit réservée ù la sagacité de M. Neuton. Le géniede cet homme immortel n’éclate pas moins dans cette décou-verte, que dans celles dont il a enrichi le système physique de1 univers. Il semble même , à le considérer d’un certain côté ,que Neuton décomposant la lumière , et établissant des con-jectures très-probables sur les causes des couleurs des corps ,est encore plus merveilleux , que calculant les forces qui gou-
(i) Oculus ArtificialU Fund. 3, Synt. 3 , c. 10. (1) Mém. de l’acad. 1754.
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