5ao HISTOIRE
de rouge par exemple, et d’un bleu foncé j qu’on la place surun fond noir, et qu’on la regarde ensuite par un prisme poséparallèlement à sa longueur , et l’angle tourné en haut, on verrale bleu le plus haut, et le rouge en bas, comme si les deux por-tions colorées avoient été coupées et placées à différentes hau-teurs. Ce sera le contraire , si l’on regarde à travers le prismetourné l’angle en bas. Au lieu d’une bande, on peut placer ho-rizontalement sur un fond noir, un lil composé de deux mor-ceaux de différentes couleurs, et on verra de même au traversdu prisme les deux portions séparées, quoiqu’encore parallèles.
2 0 . Qu’on enveloppe cette bande peinte de rouge et de bleufoncé de plusieurs tours d’un fil de soie noire très-déliée , et qu’onl’expose à la lumière d’un flambeau placé vis-à-vis la sépara-tion des couleurs. Qu’on ait une large lentille de vefre d’environtrois pieds de foyer, et qu’on la place immobile à la même hau-teur , et vis-à-vis ce papier coloré , à la distance d’environ sixpieds. Elle peindra, comme savent les opticiens, à une distanced’environ six pieds derrière elle, une image qu’on recevra surun carton. Or l’on remarquera que tandis que la moitié rougeest peinte distinctement ( ce que l’on connoît aux fils de soieou traits noirs qui paroissent bien marqués ou bien terminés),la moitié bleue est tellement confuse, qu’à peine peut-on y dis-tinguer ces traits, c’est-à-dire, que les différentes portions danslesquelles ils divisent cette moitié , ne sont point distinctementterminées. 11 faudra pour cela approcher le carton d’environ unpouce et demi, et alors tandis que les portions bleues paroîtrontdistinctement, on ne verra plus les rouges que confusément. Lefoyer des rayons bleus est donc plus voisin que celui des rouges,et par conséquent ils ont essuyé une plus grande réfraction.
Neuton a déterminé ainsi leurs différens degrés de réfran-gibilité par des expériences et des calculs qui portent avec euxleur démonstration (î). Le sinus d’inciinaison des rayons passantdu verre dans l’air, étant 5 o le sinus de réfraction des moinsréfrangibles des rayons rouges est 77, tandis que le plus réfran-gible des rayons violets a pour sinus de réfraction 78. A l’égarddes couleurs moyennes, ce sont les rapports suivans. Les sinusdes rayons rouges sont depuis 77 jusqu’à 77 j , ceux des rayonsorangés depuis 77 ~ jusqu'à 77 j , ceux des jaunes entre 77 -f ,et 77 ÿ, ceux des verds entre 77-j-, et 77 i , ceux des bleus entre77 77 f » des indigos entre 77 f, et 77 |, enfin ceux des violets
entre 77 |, et 78.
Jusques ici il ne s’est agi que de l’inégale réfrangibilité desjrayons de différentes couleurs. De-là naît une autre propriété
^1) Optique , liv. I, p. i , Prop. VU.
qui