DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. VIII. S'ilqui est une inégale réfléxibilité. Je m’explique, et je commencepar remarquer qu’on n’entend point par-là une inégalité entre lesangles d’incidence et de réflection , comme l’on cru quelquesignorans qui, attaquant Neuton sans l’avoir lu, lui ont imputécette pensée. Cette inégale réfléxibilité consiste en ceci : Lors-qu’un rayon de lumière passe d’un milieu dans un autre moinsdense , il y a une certaine inclinaison au-delà de laquelle il nepeut plus pénétrer dans ce second milieu ; car si le sinus d’in-clinaison est tel que le sinus de réfraction, qui est toujours aveclui dans un rapport déterminé , par exemple, comme 2 à 3 enpassant du verre dans l’air ; s’il arrive, dis je, que ce sinus d’in-clinaison soit tel , que celui de réfraction devienne plus grandque le sinus total, il est évident qu’alors la réfraction ne sau-roit se faire , et le rayon, au lieu de pénétrer dans le secondmilieu, fut-ce du vuide, se réfléchira. Ainsi l’on voit que le rayonle plus réfrangible sera aussi le plus réflexible , c’est à dire, quesous une moindre obliquité il ne pourra pénétrer dans le milieuplus rare , tandis que celui qui est moins réfrangible , y péné-trera encore. On le démontre aussi par une expérience facile.On tourne le prisme de manière que les rayons qui en sortenteffleurent la seconde face. Alors le tournant un peu davantage,on voit d’abord les rayons violets se réfléchir contre cette se-conde face, tandis que les autres la pénètrent encore, et passentau-delà. Tourne-t-on encore un peu le prisme, on voit le bleuse réfléchir , ensuite le vert, le jaune, &c. le rouge enfin le der-nier qui le traverse entièrement, et celui qui a besoin de la plusgrande obliquité pour se réfléchir. Mais nous renverrons pourcette expérience à l’ouvrage de Neuton, afin de nous permettreplus d’étendue sur d’autres plus essentielles dans sa théorie.
Ces expériences sont celles qui regardent l’inaltérabilité descouleurs produites par le prisme. Lorsqu’une couleur est suffi-samment séparée des autres (on verra bientôt comment celas’exécute ) , son passage par un nouveau prisme ne la dilateplus : il n’est plus de réflection ni de réfraction qui la puissechanger, et qui en puisse tirer d’autres; ce qui détruit entiè-rement la conjecture de ceux qui faisoicnt consister les couleursdans une modification de la lumière acquise par la réfraction etla réflection, ou par son passage à travers un milieu diaphane.Neuton introduisit (1) dans une chambre bien obscurcie un rayonde lumière par un trou d’une ou deux lignes de diamètre , et àla distance d’environ douze pieds, il reçut cette lumière au tra-vers d’une lentille qui peignoit à une dixaine de pieds une imageblanche et très-distinctement terminée. Il intercepta ces rayons
(i) Optique, liv. I, Exp. II.Tome II.
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