Band 
Tome second.
Seite
579
JPEG-Download
 

DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. IX. 5; 9depuis plusieurs années à observer les éclipses des satellites deJupiter, soit dans des vues géographiques, soit pour perfec-tionner la théorie de ces petites planètes. Ces observations lirentreconnoître une nouvelle inégalité dans le mouvement du pre-mier satellite. On remarqua que depuis l’opposition jusques versla conjonction de Jupiter et du soleil, les émersions de ce satel-lite hors de l’ombre , qui sont les seules qu’on puisse observer,retardoient continuellement sur le calcul, de sorte que la diffé-rence étoit vers la conjonction d’environ 14 minutes. On obser-voit le contraire après la conjonction , c’est-à-dire , que depuisles premières immersions que l’on observe après la conjonctionjusqu’aux dernières observations de ce genre qu’on peut faireavant l’opposition , l’entrée du satellite clans l’ombre anticipoitde plus en plus le calcul, la différence allant enlin jusqu’à en-viron 14 minutes.

On attribue ordinairement à Roemer d’avoir trouvé l’ex-plication également vraisemblable et ingénieuse qu’on donnede ce phénomène. Mais on se trompe j on voit par un écrit deCassini, publié au mois d’août 1676, que c’est cet astronomequi en est le premier auteur. » Cette seconde inégalité, dit-il ,» paroît venir de ce que la lumière emploie quelque temps à» venir du satellite jusqu’à nous, et qu’elle met environ dix à» onze minutes à parcourir un espace égal au demi-diamètre» de l’orbite terrestre ». Cependant quelque temps après ,Cassini, ébranlé par une difficulté dont on parlera bientôt,changea de sentiment. Mais cette explication abandonnée deson auteur, Roemer l’adopta , et la fit valoir d’une manièrequi , malgré les difficultés de Cassini , réunit presque tous lessuffrages ; en voici le précis.

Si la terre restoit constamment au même point A ( Jîg . 1 47 )où elle est, lorsqu’on observe une des premières émersions dusatellite , après l’opposition de Jupiter , on verroit toutes cesémersions arriver au moment indiqué par le calcul. Mais du-rant l’intervalle de cette émersion à la suivante, la terre passeen a , et s’éloigne de jupiter de la quantité * A. Si donc la lu-mière venant du satellite , emploie quelque temps à se trans-mettre d’un lieu à un autre, elle arrivera plus tard en a qu’en A.Ainsi l’observateur terrestre verra plus tard le retour de la lu-mière du satellite, que s’il eût resté en A. A la vérité, cettedifférence de temps sera insensible d’une émersion à la suivante.Mais quand la terre sera parvenue au point B de son orbite ,alors le calcul anticipera le moment de l’observation , de toutle temps que la lumière mettra à parcourir la distance AB,presque égale au diamètre de l’orbite terrestre, et c’est-là pré-cisément le phénomène qu'on observe. Lors au contraire que

D ddd a