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Tome second.
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584 HISTOIRE

facilité l’on peut mesurer la latitude d’un lieu. M. de La-Hir®dressa une carte corrigée suivant ses observations , et où cesdifférences étoient marquées. Lorsqu’il la présenta au roi, ceprince qui voyoit son domaine resserré de tous côtés , dit enbadinant que son Académie lui témoignoit bien peu de recon-noissance , puisque tandis qu’il la soutenoit par sa protection etses dépenses, elle diminuoit l’étendue de sa domination. L’aca-démicien répondit apparemment que la puissance d’un mo-narque dépendoit moins de cette étendue, que du nombre etde l’attachement de ses sujets, et qu’en cela sa majesté l’em-porteroit toujours sur tous les autres princes de l’Europe.

Picard a voit proposé en 1681 à M. Colbert une entreprisequ’on commença à exécuter en i 683 . Les corrections que don-noient les observations faites sur les côtes du royaume, et decôté et d’autre dans l’intérieur, avoient déjà appris qu’il falloitresserrer toute l’étendue que lui donnoient les anciennes cartes,à peu près proportionnellement à la distance des lieux à laméridienne ou au parallèle de Paris. Cependant cela ne suifi-soit pas pour avoir une carte parfaite ; car l’erreur n’étoit pastoujours proportionnelle à cette distance, ni dans le mêmesens. C’est par cette raison qu’on avoit commencé dès l’année1671 à lever géométriquement la carte de plusieurs provincesdu royaume; mais outre que cette méthode étoit excessivementlongue , M. Picard entrevoyoit des difficultés dans la réunionde toutes ces cartes , les erreurs particulières pouvant s’accu-muler, et rejetter les extrémités fort loin de leur position véri-table. Pour remédier à cet inconvénient , il proposa de tracerune méridienne, c’est-à-dire, de déterminer par des opérationsgéométriques la position de la méridienne de l’observatoire deParis à travers tout le royaume. Cette ligne devoit être regardéecomme une directrice générale très-commode pour y rapportertoutes les autres positions. Il y avoit dans cette entreprise unautre avantage relatif à la connoissance parfaite de la grandeurde la terre. Car au moyen de ces opérations , on devoit avoiravec plus de précision la longueur de tout l’arc du méridien ,compris dans le royaume , et par conséquent la grandeur dudegré avec bien plus d’exactitude. M. Picard vouloit enfin qu’onpartageât toute l’étendue de la France en triangles appuyés lesuns sur les autres , et ayant leurs sommets dans des endroitsremarquables, dont la position auroit été aussi pour la plupartdéterminée astronomiquement. Ce travail fait, il n’eut plus falluque lever géométriquement l’intervalle du terrain renfermé danschacun de ces triangles , et en les assemblant, on devoit avoirune carte aussi parfaite qu’il est permis de l’attendre de l'in-dustrie humaine,.

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