5 9 o HISTOIRE
tifier les conjectures précédentes (>). Il suspendit d’abord uneboule à un fil très-long, et après l’avoir mise en oscillation, illui imprima un petit mouvement latéral; il remarqua que cetteboule décrivoit une ellipse, ou une courbe en forme d’ellipseautour de la ligne verticale. 11 attacha ensuite au fil de cettepremière boule un autre qui en portoit une plus petite, et aprèsavoir donné à cette dernière un mouvement circulaire autourde la verticale, il mit la première en mouvement, comme dansl’expérience précédente. On vit alors que ni l’une ni l’autre nedécrivoit une ellipse, mais que c’étoit un point moyen entreelles , et qui sembloit être leur centre de gravité. D’où il con-clut que dans un système de planètes, tel que celui de la terreet de la lune , c’est leur centre de gravité commun qui décritune ellipse autour de la planète centrale. Tout cela est fort in-génieux, néanmoins M. Hook ne laisoit pas attention que lesplanètes ne décrivent point des ellipses dont le centre soit oc-cupé par la force attirante ; c’est au foyer que réside cette force.On lui en fit l’observation , et même on l’excita par la promessed’une récompense considérable à déterminer quelle loi d’attrac-tion feroit décrire à un corps une ellipse autour d’un autre im-mobile, et placé à l’un des foyers. Mais cela tenoit à une géo-mètre trop délicate ; et cette belle découverte , l’une des pluspropies à honorer l’esprit humain, étoit réservée à Neuten.
Le chevalier Wrtn , dont on a déjà parlé comme méc ani-cien , mérite encore ici quelques lignes , à titr.e d’astronome.On lit dans l’histoire de la Société royale l’énumératiori de esinventions astronomiques. Un met dans ce iarg divers instru*-mens nouveaux plus subtilement divisés , ou plus commodé-ment suspendus que les autres ; diverses additions faites aumicromètre ; des observations suivies sur Saturne et son anneau,avec une théorie des apparences de cette planète, écrite, dit-on, avant que celle d’fluygens eut vu le jour, ce qui sembledire que M. Wren se rencontra avec Kuygens dans l'heureuseexplication que celui-ci a donnée de ces apparences. On ajouteà cela une Sélénographie complète, et un globe lunaire repré-sentant avec tant de vérité les cavités et les éminences de lalune , que lorsqu’il étoit éclairé et regardé de la manière con-venable, on croyoit voir cette planète telle que la montre letélescope; une théorie de la libration de la lune, des essais pourdéterminer la parallaxe annuelle des fixes ; la méthode de cal-culer les éclipses de soleil par la projection de l’ombre de lalune sur le disque de la terre; méthode, dit l’auteur de sa vie,qu’il avoit imaginée dès l’année 1660; une hypothèse enfin sur
fi) Voyez sa vie, à la titî de ses Œuvres posthumes.