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Tome second.
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646 HISTOIRE

son épouse , mademoiselle Winckelmann , son goût pour l’as-tronomie , et ipi’elle y fit, comme mademoiselle Eirnmart, d’assezgrands progrès pour être en état d’aider son mari dans ses travauxastronomiques. On voit cependant par un ouvrage allemand ,qu’elle publia en 1712 , qu’elle n’étoit pas entièrement désabuséedes rêveries astrologiques. M. Gottfried Kircli avoir lui même unpeu baissé la tête sous ce préjugé; mais il étoit excusable jusqu’àun certain point, car les épliémérides étant des espèces d’al-manachs destinés pour un peuple qui croyoit encore à l’astro-logie, il falloit pour les débiter, y insérer les prédictions d’usage.Il falloit enfin , pour me servir des termes de Kepler, que lacœur bâtarde , l’astrologie, nourrit sa sœur légitime, l’astronomie.

L’homme est de feu pour le mensonge ,

Et de glace à la vérité.

A l’occasion de ces deux dames astronomes , nous allonsen faire connoître encore quelques-unes , quoique d’une époqueun peu antérieure , pour qui Uranie eut des charmes. L’une estmademoiselle Cunitz, femme du médecin Silésien Elias A-Loeven( à Leonibus ). Cette daine qui, d’ailleurs possèdent sept langues,et peignoit fort bien , avoit étudié et cultivoit l’astronomie, noncependant sans mélange d’astrologie. Son mari qui étoit aussiversé dans l’astronomie , l’engagea à faire un abrégé des tablesRudolphines , et à en éclaircir les préceptes ; ce qu’ejie fit dansl’ouvrage qu’elle publia en i 65 o sous le titre de Urania propitia ,seu tabulae astronomicœ mire faciles , vim hypotkesiiim pby-sicarum Kepleri complexée, &.C. , en latin et en allemand ;ces tables néanmoins, quoique dites fondées sur les hypothèsesphysiques de Kepler , n’ont pas satisfait les astronomes , parceque ces hypothèses y sont fréquemment altérées. Mais on n’endoit pas moins admirer une femme, dont l’esprit a pu se porter àdes études si abstraites. Remarquons cependant que son mariconvient , dans la préface de ce livre , lui avoir piété par foisune main auxiliatrice.

L’autre dame astronome , ou du moins savante en astro-nomie, dont j’ai à parler, est mademoiselle Dumée. On lu 4 doitdes Entretiens sur l’opinion de Copernic , 1-7-4°. , où , suivantle j ournal des Savans de 1680 , elle examine les preuves de cesystème astronomique et les objections qu’on y oppose. 1 e résultaten est , que les phénomènes prouvent cet arrangement de l’uni-vers. Cet ouvrage , que je n’ai jamais rencontré , pas même surles catalogues , semblent avoir fourni à M. de Fontenelle l’idéede ses ingénieux Entretiens sur la pluralité des mondes. Made-moiselle Dumée étoit femme d’un officier François ; et ayantperdu son mari dans une campagne d’Allemagne , elle chercha