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Tome troisième.
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DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. I. 9des Géomètres) savoir, que o-f o q- o etc. à l’infini, donnoit unequantité finie ; idée, au surplus, assez analogue à une de Leibnitz,suivant lequel i — 1 -f- 1 — i &c. à l’infini, est égal à Marchetti,conduit, à ce qu’il paroît, plus par la jalousie, que par d’autre»motifs, trouva dans cette idée de Grandi, qui n’est que singu-lière, des dangers quant à la religion et k la théologie. Gian liqui n’étoit pas endurant, écrivit un dialogue mordant contreMarchetti 5 celui ci ne resta pas en défaut, et lui répliqua surle même ton. Ce fut pendant deux ans un vif débat métaphisico-théologique, sur une question qui n’en valoit pas la peine, etil auroit peut-être duré encore long-temps sans la mort de Mar-chetti. Celui-ci avoit d'autant plus tort de faire à Grandi, unequerelle théologique au sujet de son idée , qu’au contraired’autres ont cru y trouver l’explication du mystère de la création.Le P. Grandi étoit né à Crémone en 1671 , et entra en 1687dans l’ordre des Camaldules ; il fut, en 1714, nommé profes-seur de mathématiques à PLe, et ensuite promu à la dignité d’abbéde son ordre. Il mourut en 1742, après être profondément entrédans les querelles qui agitoient l’université de Pise ; car on lerépété, le combat étoit Sun élément.

Le Géomètre Lorenzini méiite de trouver ici une place. C’étoitun disciple de Viviani. Etant fort jeune encore, il lui arriva d’êtrejette dans une prison où il resta 20 ans. La cause de cette dis-grâce a été long temps inconnue , mais l'historien de la Toscane,sous la maison de Médicis, nous l’apprend. Le grand-duc Gastonavoit épousé une princesse de la maison d Orléans , nièce deLouis XIV , dont il n’avoit éprouvé qne mépris, caprice, etaversion ; ayant été obligé de la laisser retourner en France ,et toujours plus mécontent de sa conduite , il avoit défendu àses fils , Ferdinand et Jean Gaston , d'entretenir avec elle au-cun commerce de lettres. Lorenzini, attaché arr prince Ferdi-nand , dont Gaston étoit aussi fort mécontent , se prêta à fa-voriser cette correspondance défendue ; le grand duc en étantinformé , entra dans une violente colère , et le fit jetter dansla tour de Volterra , dont il ne sortit que plusieurs annéesaprès.

Quoiqu’il en soit des torts de Lorenzini à cet égard ,la Géométrie lui servit à charmer les ennuis d'une si longuecai tivité. Il avoit composé dans sa prison plusieurs ou-vrages sur les coniques , sur leurs solides et autres questionsaccessibles à la Géométrie ancienne; mais rendu, pour ainsidire, à la clarté du jour, il trouva que tout avoit changé, jus-qu’au langage, dans le monde Géométrique. 11 supprima presquetout ce qu’il avoit fait, à l’exception de quelques excrcitations,qui étoient apparemment ce dont il étoit le plus satisfait, ouTome 111. E