DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. I. 71
torum. ( Lausannæ , 1748» in-\°. 2 vol. ) , avec cette généralitéet cette supériorité de vues qui caractérisent toutes ses produc-tions. On a aussi de lui dans les recueils de Berlin et de Péters-bourg , divers mémoires très-intéressans sur des cas particuliersde la théorie des courbes. Il suffit d'indiquer ces différons mor-ceaux pour inspirer aux géomètres le désir de les lire.
Il manquoit cependant encore jusqu’en 1760 un livre sur cesujet, qui réunît à la profondeur de la doctrine, les dévcloppe-inens nécessaires pour le rendre accessible à tous les géomètres.C’est ce que M. Cramer a exécuté avec le plus grand succès ,par son ouvrage trop modestement intitulé : introduction àL’analyse des lignes courbes algébriques , qui parut à Genèveen 1700, in-4 0 . , ouvrage d’ailleurs original en plusieurs points ,et dans lequel au mérite du fond se joint celui de la forme , jeveux dire , une clarté et une méthode tout-à-fait satu faisantes.On ne sauroit par toutes ces raisons le trop conseiller à tous ceuxqui désirent approfondir cette théorie.
On a encore vu depuis ce temps paroître un livre excellentsur cette matière : c’est le Traité des courbes algébriques.( Paris , 17.56 , in- 12. ), par les CC. DionG du Séjour et Godin.On pourruit dire en employant une expression qui sera faci-lement saisie par les Mathématiciens , que les principes de celtethéorie y sont réduits à leurs moindres termes. Je craindroisseulement que cette extrême concision , qui est d’ailleurs si biendu goût des géomètres consommés , ne le fût pas également duplus grand nombre. Je me bornerai à indiquer ici en passant unautre ouvrage du C. du Séjour, intitulé : Traité des Propriétéscommunes à toutes les courbes. ( Paiis , 177b , //z-8°. ) , qui estencore un chef d’œuvre de précision , et qui a pour objet defrayer la voie à la transformation des équations algébriques d’unemanière plus générale qu’elle n’avoit point encore été conçue.Riais un développement plus étendu de ses vues nous écarteroittrop de notre objet présent.
Nous ne pouvons omettre ici un écrit du célèbre Maclaurin ,qu’on trouve à la suite de son algèbre , sous ce titre de Linea-rutn geo me trie arum proprietatibus principalibus tractatus. Onne peut rien ajouter à sa clarté , à son élégance et à sa précision ;l’on y trouve d’ailleurs un grand nombre de propriétés parti-culières des lignes du troisième ordre et de celles des ordres supé-rieurs, que je ne vois pas avoir été énoncées avant lui par aucunautre géomètre.
Nous avons encore à faire connoître un immense travail surcet objet. C’est celui de M. l’abbé de Bragelogne , qui s’étoitbeaucoup occupé de la théorie des lignes courbes. Nous aurionsmême dû lui donner place antérieurement à plusieurs des