1 16 HISTOIRE
loi entre les mains de MM. de Fontenelle , Yaiignon et Mal-branche, il leur avoua qu’il ne s’étoit porté à attaquer ainsi lecalcul différentiel , qu'à l’instigation de quelques personnes.L’une est assez connue, l’on sait que c’étoit l’abbé Galois , l’autreétoit probablement le F. Gouye, qui avoit fortement appuyé lesobjections de llolie dans un des journaux de Trévoux. Aprèscette retraite de Rolle qui, ne pouvant se passer de querellerquelqu’un, s’attacha à chicaner l’Analyse de Descartes, l’abbéGalois resta seul adversaire déclaré du calcul différentiel. Maisdestitué des secours de son champion, et peut-être enfin ébranlépar les réponses victorieuses de MM. Varignon et Saurin , ilcommençait à mollir, lorsque la mort l’enleva. On ne peut voilerplus ingénieusement le travers qu’il avoit pris sur ce sujet, quele fait M. de Fontenelle dans son éloge historique. « Le goût» de l’antiquité, dit-il, ce goût si difficile à contenir dans de justes>3 bornes, le rendit peu favorable à la Géométrie de l’infini. On33 ne peut même le dissimuler, puisque nos histoires l’ont dit,» qu’il l’attaqua ouvertement: en général, il n’étoit pas ami du33 nouveau, et il s’élevoit par une espèce d’ostracisme contre tout33 ce qui étoit trop éclatant dans un état libre, tel que celui des33 lettres. La Géométrie de l’infini avoit ces deux défauts , et sur-33 tout le dernier 33. Ce tour ingénieux est du célèbre secrétairede l’académie, mais il ne justifie point l’abbé Galois. On n’estjamais excusable d’avoir tort en Géométrie, et de s’opposer parpassion et par jalousie aux découvertes propres à accélérer leprogrès des sciences. La mort de l’abbé Galois mit entièrementfin à la querelle. Le calcul de Leibnitz a été universellementadopté, et voici déjà plus d’un demi siècle que les géomètresl'emploient à toutes sortes de recherches , sans que jamais sacertitude se soit démentie en aucun point. Bien loin delà, il n’estpresque pas de découverte faite par son moyen qui n’ait étéconfirmée de mille manières différentes. Ainsi il ne sauroit plusy avoir que des ignorans, ou de ces esprits singuliers, occupés àjetter un nuage sur toutes les connoissances certaines, qui soientcapables de suspecter la solidité de cette méthode. D’ailleurs, siles principes du calcul appelé des inliniment petits , sont denature à éprouver quelques difficultés , personne n’ignore au-jourd’hui qu’il est absolument le même dans le fonds, que celuique Neuton a appelé des fluxions. Or celui-ci n’a rien qui nesoit conforme aux principes les plus rigoureux de la Géométrie ,comme on l’a montré assez au long. L’un et l’autre doivent doncjouir du même degré de certitude.
Il y avoit déjà bien des années que la querelle suscitée aucalcul différentiel par Rolle étoit terminée lorsqu’un évêqueAnglais s’avisa aussi de l’attaquer. Cet adversaire du calcul de