DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Lxy. I. faxde la forme des élections entre plusieurs candidats, pour remplirnne place. Il en a été adopté plusieurs assez compliquées ,dans la vue d’éviter l’effet des cabales , et Condorcet fait voirqu’elles sont pour la plupart vicieuses, et qu’elles peuventsouvent donner un résultat contraire au vœu généra).
Il y a long-temps qu’on reconnoissoit le vice du mode d’élec-tion ordinaire à la pluralité des suffrages , et meme à l’Aca-démie des sciences, où il étoit employé comme ailleurs. Con-dorcet l’analyse dans son ouvrage , ainsi que quelques autresproposés ou employés en divers lieux , et il propose quelquesnouveaux modes d’élection qui ne paroifient pas sujets auxmêmes inconvéniens ; mais comme ils ne seroient praticablesque pour un petit nombre de votans , et de votans d’unemoralité et de lumières reconnues, lorsqu’il proposa en 1793,dans son projet de constitution , un mode d’élection des fonc-tionnaires publics , il ne s’arrêta à aucun de ceux qu’il avoitproposés dans son ouvrage ; il en proposa un autre qui n’eutpas lieu, son projet de constitution n’ayant pas été admis , nimême discuté. Mais ce que la Convention nationale de Francene lit pas, fut fait par la république de Genève qui n’avoit ap-paremment aucun mode d’élection satisfaisant. Le mode d’élec-tion proposé par Condorcet dans son projet de constitution ,fut adopté à Genève , et a servi aux élections depuis cetteépoque, jusqu’à sa réunion à la République françoise. Il a eneiï'et quelques avantages ; et d’ailleurs le nom de son auteurétoit fait pour lui donner cette préférence sur tout autre.
Ce mode d’élection est-il néanmoins aussi parfait que le pen-soit Condorcet ? c’est ce qu’on ne croira pas quand on aura lul’écrit du cit. Lhuilier , de Genève , célèbre mathématicien.Cet écrit est intitulé : Examen du mode d’élection proposé enfévrier 179’i, à la Convention nationale de France, et adoptéà Genève ( 1794 , in- 8°. ). Lhuilier analysant avec la plus grandeclarté diverses circonstances de ce mode d’élection , fait voirqu’il a de nombreux défauts , et en particulier celui de pouvoirindiquer dans certains cas, comme ayant le vœu du peuple ,celui qui l’a le moins. Cet ouvrage à le mérite de la brièvetéet de la clarté, et sans doute eût amené quelques réformes ouchangemens qu’on y propose , si les troubles survenus bientôtaprès dans cette république, n’y eussent mis obstacle.
Nous devons parler encore ici de quelques établissemens quidépendent de la théorie de la probabilité, et que nous voudrionsvoir dans ce pays-ci , comme ils existent dans certains autres $l’un est la Caisse des veuves , l’autre celle des épargnes dupeuple. L’objet de la première est d’assurer une subsistanceaux veuves , au moyen, d’une contribution annuelle faite par