4*2 HISTOIRE
elles ou par leurs maris pendant que ces derniers vivoient.Combien d’hommes en effet ne subsistant eux et leurs famillesqu’au moyen d’un médiocre emploi, ou d’un talent qui neleur permet pas d’accumuler le moindre capital; s’ils ont quelquesensibilité , ils doivent voir avec inquiétude le sort que leurmort prépare à leurs veuves et à leurs enfans. On a doncinaginé , et c'est je crois pour la première fois en Ecosse, dede former , avec la sanction du gouvernement, un établisse-ment où un homme marié peut , au moyen d’une sommequ’il distrait chaque année de son gain, et qu’il remet à cettecaisse , assurer à sa veuve une pension viagère propre à lamettre à l’abri de l’indigence. On sent aisément que cette con-tribution doit être»proportionnée à l’âge du mari, et à celuide sa femme ; mais il faut calculer géométriquement quelleelle doit être , selon la probabilité que le mari mourra avantsa femme , qu’il payera pendant un nombre d’années ; quela femme survivante vivra encore un certain temps ; toutcela a été calculé pour la première fois par le célèbre mathé-maticien écossois , Maclaurin , et les veuves écossoises qui ontaujourd’hui une subsistance assurée , au moyen de quelquesépargnes de leurs maris, doivent bénir sa mémoire.
L’autre établissement, appelé Caisse des épargnes du peuple ,ne seroit pas moins utile pour préserver de l’indigence unefoule d’ouvriers qui n’ayant que leurs bras, ne sont plus enétat de travailler après un certain âge, et périssent alors demisère. Si cet établissement existoit , un ouvrier raisonnablepourroit , au moyen d’une contribution légère par an ou parmois , s’assurer, à un âge déterminé , une pension plus oumoins forte, selon sa contribution , ou une somme comptantpropre à être employée pour son bien-être. Un père pourroitse procurer par ce moyen une somme pour l’établissement deson fils , arrivé à un certain âge, &c. Les calculs de pareillesquestions dépendent de la ihéorie de la probabilité de la viehumaine, et de pareils établissemens subsistent en Angleterresous différens titres. Mais à Paris il y a dix-huit théâtres ou-verts dans une capitale , et dix jardins de plaisir , semblablesà ceux que Julien reprochoit au peuple d’Antioche.
Laroque, avocat éclairé, publia , il y a quelques années ,deux écrits sur les caisses d’épargne; il avoit pris la peine d’enfaire les calculs, d’après les lois" de la mortalité humaine, deles développer, d’en solliciter l’exécution , après avoir eu del’Académie des sciences les témoignages les plus favorables. Ildésiroit qu’une double caisse fut attachée à un établissementpublic dont la dotation répondît de sa solidité , comme l’Hôtel-Dieu de Paris , et ne demandoit que l’honneur d’avoir donné