4U HISTOIRE
question dans les Mémoires de l’académie de L’année 17 55 , etfait voir que la direction que doivent avoir deux rangées d’arbrespour paroître parallèles, doit être celle de deux lignes droitesdivergentes. Nous devons ajouter que M. d’Alembert annonce,dans le premier volume de ses Opuscules , avoir trouvé la mêmechose long-temps auparavant.
Tout comme pour un œil placé à l’extrérr.ité d’une longuegalerie, le plafond paroît s’abaisser , de même , pour un œilplacé à l’extrémité d’une longue allée de niveau et de cotésparallèles, le plan de cette allée , au lieu de paroître horizontal,semble s’élever. Telle est la raison pour laquelle , étant aubord de la mer, nous la voyons comme un plan incliné quimenace la terre d’une inondation. Quelques personnes plusdévotes cju’éclairées en physique , ont été jusqu’à regardercette inclinaison comme réelle, et la suspension apparente deseaux de la mer comme un miracle continu. Ainsi , placé aumilieu d’une vaste plaine , on la voit s’élever autour de soi ,comme si l’on étoit au fond d’un entonnoir extrêmement évasé.M. Bouguer enseigne un moyen fort ingénieux de déterminercette inclinaison apparente ; il nous suffira de dire que, pourle plus grand nombre des hommes, elle est de deux à troisdegrés.
Imaginons donc denx lignes horizontales et parallèles, et unplan incliné de deux à trois degrés passant par nos pieds ; ilest évident que ces deux lignes horizontales pàroïfFôflt à notreœil comme si elles se projetoient sur ce plan incliné. Or leursprojections sur ce plan seroient des lignes concourantes enun point, savoir celui où l’horizontale menée de l’œil le ren-contreroit : on doit donc voir ces lignes comme convergentes.
Il suit de là qne si , par quelqu’illusion particulière de laVue , le plan où sont situées ces lignes parallèles , au lieu deparoître au dessus , paroissoit incliné en dessous , l’allée pa-roîfroit divergente. C’est ce que M. Smith, dans son Traitéd’Optique , dit arriver à l’avenue du château de M. North ,dans le comté de Norfolk ; mais il seroit à souhaiter que M.Smith eût décrit avec plus de détail la position des lieux.
M. de Montucla, d’après les données que l’on vient de voir,a publié , dans son édition des Récréations mathématiquesd’Qzanam ( i ) , une solution du problème de Tacquet. Saconclusion est qu’en supposant la hauteur de l’œil égale à cinqpieds , et le commencement de l’allée large de six toises outrente-six pieds , on trouve par le calcul , que le point deconcours des côtés de l’allée seroit à cent deux pieds en ar-
(1) Paris, 1790, tome II, p. 178.
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