DES MATHÉMATIQUES. Paat. V. Liv. II. 445rière , et que l’angle formé par ces mêmes côtés devroit êtred’environ dix-huit degrés.
Cet estimable auteur avoit le jugement trop sain pour ad-mettre légèrement une pareille conclusion ; aussi avoue-t-il qu’ila peine à croire que des lignes faisant un angle si sensible ,puissent jamais paroître parallèles à un œil placé au dedans ten quelqu’endroit qu’il se fixât.
Fontenelle observe avec raison que la question de la grandeurde la lune vue à l’horizon ou au méridien , agitée dès l’an 1707,dans les Mémoires de l’académie , tient à la précédente (1).C’est un phénomène fort connu , que la lune et le soleil ,lorsqu’ils sont voisins de l’horizon , paroissent plus grands quelorsqu’ils sont à une hauteur moyenne , ou près du zénith ; cephénomène a beaucoup occupé les physiciens, et quelques-unsd’eux en ont donné de fort mauvaises explications.
En effet, ceux qui raisonnent superficiellement sur ce sujet,croient en avoir trouvé la cause , et une cause fort simple ,dans la réfraction ; car, disent-ils, si l’on regarde obliquementun écu plongé dans un vase plein d’eau , on le voit sensible-ment plus gros. Or tout le monde sait que les rayons qui nousviennent des corps célestes éprouvent une réfraction en entrantdans l’athmosphère de la terre. Le soleil et la lune sont doncComme l’écu plongé dans l’eau ; et voilà le problème résolu.
Mais ceux qui font ce raisonnement ne font pas attentionque si un écu plongé dans un milieu plus dense , paroît grossià l’œil situé dans un milieu plus rare , ce doit être le contraired’un écu plongé dans un milieu plus rare pour un œil plongédans le plus dense. Un poisson verroit cet écu hors de l’eauplus petit que s’il étoit dans l’eau. Or nous sommes dans lapartie la plus dense de l’athmosphère , tandis que la lune etle soleil sont dans le milieu le plus rare. Ainsi, loin de paroîtreplus gros , ils devroient paroître plus petits } et c’est aussi ceque confirment les instrumens qui servent à mesurer le diamètreapparent des astres : ils démontrent que les diamètres perpen-diculaires de la lune et du soleil à l’horizon sont rétrécis d’en-viron deux minutes , ce qui leur donne la forme ovale assezapparente qu’ils ont le plus souvent.
Il faut donc rechercher la cause du phénomène dans unepure illusion optique ; et voici, à mon gré , ce qu’il y a deplus probable.
Lorsqu’un objet peint dans notre rétine une image d’une
(1) Dans tout ce qui suit , jusqu’à la fions mathématiques, tom. II, p. 173 ;fin de cet article, c'est Montucla qui l’éditeur ne s’est perruij que de légère*reprend la parole , d’après les Récréa- corrections de style.