DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. II. 489Dès que le verrier a formé son ballon et lui a donné lesdimensions convenables , il le coupe et l’applatit pour en fairedes plaques, telles qu’on les tire des manufactures d’Angleter.e.11 semble que le flint-glass seroit plus propre à l’optique si 1< sgens qui le fabriquent le couloient au lieu de le soûl fier : cependar tles physiciens ont observé que dans Jes machines électrique?,les plateaux de glaces soufflées étoient supérieurs pour l’effet auxplateaux de glaces coulées : le cit. Rochon a aussi fait la mêmeremarque sur les verres qui ont servi à faire les meilleurs objectifsconnus. Il a reconnu avec surprise qu’ils étoient tous de venesoufflé. Quoi qu'il en soit de cette observation, il lui a paruutile de publier le moyen qu’il a mis en usage pour construireun objectif de six pouces de diamètre, avec un verre ramolli ,et des plaques de flint-glass très-minces. Dès qu’il eut détruittoutes les parties du plateau de flintglass, qui étoient défec-tueuses, en les usant avec du grès, ou un outil de fer trian-gulaire , il exposa le verre à un feu assez violent pour l’amollir.Ce verre étoit placé dans un four propre à courber les glaces ,il le posoit sur un moule de terre , convexe de la courbure qu’ilvouloit lui donner : aussitôt qu’il fut amolli il le fit refouler avecdes pinces de fer, observant d’éviter les plis. Ce refoulementfut si bien ménagé, que le plateau qui 11’avoit que trois lignesd’épaisseur , s’enfla de manière à avoir près d’un pouce versses bords, et à l’instant qu’il n’eut que cinq pouces de diamètre,notre académicien l’enferma par un anneau de six pouces dediamètre et de huit à neuf lignes d’épaisseur ; cet anneau étoitdestiné à contenir les bords du verre amolli dans la juste épais-seur qu’il convenoit de lui donner, et un second moule deterre , de la courbure nécessaire à la surface supérieure du verre,acheva de lui donner par son poids, la forme qu’il falloit luiprocurer pour qu’on fût dispensé d’un long travail, et que l’onperdit le moins possible de cette précieuse substance. C est ainsique Rochon s’est procuré des morceaux de flint-glass, propres
F ar leur épaisseur et leur diamètre aux plus grandes lunettes:
artiste nommé Ferret, qui, sous sa direction , est par-venu à donner au flint-glas la forme desirée, s’est exercé surun assez grand nombre de plaques, tant de flint-gla>s quede crown-glass, et de verre de France. Il a constamment réussià leur donner la forme désirée. Au reste , de tout temps on asu amollir le verre déjà fait, et lui donner des formes beaucoupplus difficiles; mais nous n’en avons pas moins d’obligation àRochon : les lunettes acromatiques intéressent trop les progrèsde l’astronomie , pour qu’on puisse se permettre de rien négligerde tout ce qui peut y contribuer. C’est ainsi qu’il parvint à avoirune lunette acromatique de sept pieds, à triple objeciif, quiTome III. Q q q