488 HISTOIRE
à triple objectif de six pouces de diamètre, et de sept piedsde longueur , trouva aussi dans la flexibilité du flint-glass unobstacle qui lui parut insurmontable tant que les plaques deflint-glass, n’auroient que trois ou quatre lignes d’épaisseur; cardans un objectif de six pouces de diamètre, le flint-glass, lors-qu’il est destiné à faire une lunette de sept pieds, est tellementconcave , que le centre du verre a à peine une ligne d’épaisseur.
La raison pour laquelle les plaques de flint-glass sont minces ,c’est que le verre est souille : or tout verre souillé est sujet auxfilandres et aux tables. Ln effet, le verrier prend avec le boutde sa canne , unecertaine quantité de verre qu’il souffleen balon ;mais la quantité qu’il prend est insuifisante pour donner à sonballon l'épaisseur convenable : il est donc forcé de plonger àdifférentes reprises le bout de sa canne dans le creuset pourenfler son ballon ; d’où il suit que tout verre souflé , lorsqu’ilest épais , est nécessairement formé par couches, et ces couchesBe s’amalgament pas toujours parfaitement, et sont quelquefoisde densités différentes. La seconde couche, par exemple, ne$e lie pas intimement à la première, lorsque celle ci est tropréfroidie ; mais l’ouvrier est toujours le maître d’éviter ce défaut.Les couches seront aussi de densités très-différentes lorsque leverrier prendra le fond d’un creuset pour former la secondecouche. En effet, le llint-glass ne doit sa grande dispersion qu’auverre de plomb qui entre dans sa composition : or, lorsque ceverre est dans un état de fluidité parfaite, les parties les plus^lésantes tombent au fond du creuset, et les plus légères montenta sa surface. Par conséquent le même creuset doit contenirdes verres de différentes densités.
Les opticiens nomment tables les couches qui n’ont ni uneparfaite union, ni une égale densité. Pour peu qu’on soit opti-cien on distingue dans presque tous les verres souillés d’unecertaine épaisseur, des tables qui sont très-sensibles ; lorsqu’onregarde le verre par la tranche, on reconnoît encore qu’à laréunion des couches , il y a des sillons qu’on nomme filandres,ces sillons ou filandres sont des tuyaux très-cajnllaires, qui nepeuvent avoir aucune régularité, d’où il suit une réfractionirrégulière qui dilate la lumière des deux côtés du foyer dansun sens perpendiculaire à l’axe de ces tuyaux : cette aberra-tion est surtout fort sensible quand on regarde Jupiter avecdes objectifs filandreux. Ces filandres sont ordinairement cau-sées par de petits corps étrangers qui s’attachent à la premièrecouche du ballon, et qui empêchent l'adhésion de la secondecouche dans ces parties. Et lorsque l’ouvrier souffle ensuite sonballon, il se lait à ces endroits des sillons ou filandres, quisont toujours plus ou moins préjudiciables à la bonté des objectifs.