DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. II. 4 99recouvert d’un papier fin tendu bien égal, comme il l’expliquedans son mémoire, et enduit de tripoli de Venise. Comme cetteméthode pour pouvoir promener aisément le verre ne permetpas une pression si forte, elle exige que le douci soit parfait :elle demande peut- être plus de temps que celle que l’on einployoit,de polir les verres en long et en poussant. Mais il est clairque les verres ne peuvent jamais se déformer au poli ; au lieuqu’en poussant le verre sur la forme on soulage, sans s’en apper-cevoir, la partie qui va en avant, et tournant souvent le verredans les doigts on achève de le rendre conique.
La nouvelle méthode sembloit devoir se présenter naturelle-ment à l’esprit, et l’on a dû chercher d’abord à polir les verre sde la même manière qu’on les travailloit. Si les opticiens luiont préféré l’autre, c’est qu’ils y ont trouvé plus de facilitéet qu'ils l’ont cru équivalente, mais Antheaulme reconnut bientôtqu’elle étoit défectueuse : la chose est si sensible qu’elle n’a pasbesoin de démonstration. D’ailleurs, il est clair que sa méthodeétant la même que celle qu’on a employée pour former le verre ,on ne risque point de changer sa figure, et que toute autreméthode dif férente doit tendre à l'altérer. Il ajoute une remarqueque les opticiens ont faite de tout temps , c’est que quandun verre commence à prendre un peu par les bords, il devientordinairement fort bon, et meilleur même que quand il prendégalement partout ; mais quand il prend d’abord par le centre,les opticiens ont reconnu qu’il ne valoit jamais rien. L’obser-vation d’Antheaulme paroît expliquer assez bien ces effets.
Quand un verre prend par les bords, c’est qu’il est un peuplat au centre, et la méthode de polir en long, le rend à peu-près sphérique. Quand il prend partout également, c’est quela figure est régulière, mais alors la méthode ordinaire la déforme.Delà il est aisé de voir pourquoi il ne doit jamais être bon quandil prend par le centre, parce qu’alors le verre étant déjà dé-,formé, il se déforme encore davantage au poli.
Après avoir repoli un verre suivant sa nouvelle méthode, ill’a éprouvé de nouveau à la réflexion, et les bords de l’imagede la flamme qui paroissoient auparavant déformés, passèrentparfaitement droit au centre comme au bord, d’où il étoit endroit de conclure que la figure en étoit parfaitement régulière.
Il est d’autant plus naturel de croire que Campani se servoitde cette méthode ; que ses verres étant toujours fort mincesauroient plié sous la pression qu’exige la méthode de polir enpoussant. J’espère donc, dit-il, qu’on fera aisément des verresd’un très-long foyer, et qu’on pourra y réussir aussi bien queCampani. ( Mémoires présentés , t. VI. p. 4^3)-
Nous finirons cet article des lunettes en annonçant que Tho-
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