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Tome troisième.
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DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. II. 56 7

le fondement d’une musique optique. Que ne se promettoit pasle P. Castel de son clavecin : rien moins qu’un nouveau spec-tacle aussi délicieux pour la vue , que la plus harmonieuse mu-sique et la mieux exécutée l’est pour l’oreille.

Mais malheureusement pour nos plaisirs , cette idée est plusséduisante que juste , et examinée d’un peu près, elle manquedans tous ses points , comme on le peut voir dans un mémoirede Mairan , inséré dans le recueil de l’Académie pour 1 7^7. 11montre des disparités nombreuses entre l’analogie des sons etcelle des couleurs , et fait voir que l’entreprise du P. Castel estplus i'ouvrage de l’imagination que de la méditation.

L’analogie qui règne entre les couleurs est bien différente decelle qu’on sait régner entre les sons. Dans ces derniers , c’estun rapport entre les durées des vibrations ; dans les couleursc’en est un entre les étendues qu’elles occupent sur l’image parle prisme. Si l’on prend une ligne comme AB ( fig. 2.6 ) , quidonne re , BC qui donnera mi , est les } de AB, et ensuite cellequi donnera fa , comme BD sera les f| de BC , de sorte que ACest la 9 e de AB , et CB est la 16 e , non pas de la totale AB , maisde la restante CB ; au contraire , dans les couleurs prenant uneligne totale, dont AB eut été la 9 e , c’est de cette ligne totaledont BC étoit la 16 e , CD la 10 e , &c. D’ailleurs , je ne connoispas où le P. Castel eût trouvé l’octave de son échelle diatoniquede couleurs. Seroit-ce le dernier violet qui eût été l’octave dupremier rouge , cela ne sauroit se soutenir; car tandis que lesoctaves en sons se ressemblent tellement que tous les jours,on prendl’octave ou la double octave pour l’unisson , et qu’elle en tientlieu pour les voix de genre différent, rien n’est plus discordantque du rouge éclatant et du violet foncé. Aussi voyons-nous quel’expérience contredit toute cette théorie des couleurs. Le rougeet le jaune semblent faire la tierce ; le rouge et le verd, la quarte ;le rouge et le bleu, la quinte ; mais ce sont là des accords decouleurs , qui certainement font sur les yeux des impressionsbien différentes de celles que font sur les oreilles les accords detierce , de quarte et de quinte entre les sons. L’or ou l’orangéet l’indigo s’accordent très-bien et forment une espèce de quinte,suivant le système de l’harmonie des couleurs. Mais cet accordétant presque le seul concordant aux yeux, il est aisé de voirque cette concordance n’est qu’accidentelle, et qu’on ne peut rienen conclure. Je remarque qu’en général les couleurs simples nevont pas ensemble, et qu’elles s’allient beaucoup mieux avec lescouleurs mélangées.

Ce seroit peut-être ici le lieu parler des phosphores ou de lalumière que donnent les substances pourries végétales , ou ani-males, les pholades, la pierre de Bologne; mais cesphénomènes ont