566 HISTOIRE
bois, en se cliarbonnant, dégage beaucoup d’air inflammable ;on le fait sortir par un robinet ; on le fait passer dans del'eau pour le purifier , et on le conduit par un tuyau danstoutesles parties d’un vaste appartement. Les différentes branchesde ce tuyau se terminent par des boules percées de trous, paroù sort l’air inflammable; on y met le feu, et l’on a une très-belle lumière, et une chaleur très-sensible dans chaque pièce.
Cette invention sera très-utile si la dépense du feu ne surpassepas celle du bois et de la lumière qu’épargnera le thermolampe.
Six livres de bois donnent une livre de gaz inflammable, quatrelivres d’acide et une de charbon.
Le folémoscofe est un instrument par le moyen duquel nouspouvons voir des objets cachés à nos regards directs par lemoyen d’un miroir incliné. Hévélius qui le proposa en 1637,l’appela ainsi des mots grecs Tore/Sof combat et s-K€Wô//a/ je vois,parce qu’il peut servir à la guerre. Brisson, Traité élémen-taire de physique , 179 7. tome II, p. 3 26.
Le fanoscope , instrument annoncé par le cit. Mélanzi, op-ticien, sert à faire appercevoir des objets très-éloignés par desmiroirs de réflexion, dont le plus voisin de l’œil correspond àune forte lunette d’approche , Moniteur , du 29 ventôse, an 8.
Le clavecin oculaire du P. Castel a fait du bruit dans sontemps. Dès 1725 il donna le projet ou du moins l’idée d’unemusique chromatique ou musique de couleurs ; il en donna ledétail dans le Journal de Trévoux , août îyîi. Il trouva pourles couleurs diatoniques qui répondent à l’octave , bleu, verd ,jaune , fauve, rouge, violet et gris, et en les faisant paroître avecdes touches il produisoit des mélanges qui étoient agréables.
Il y a dans l’image colorée que forme le prisme sept couleurs ,de même qu’il y a sept tons dans l’octave. Il y a plus : Newtona remarqué en mesurant avec soin les espaces occupés parchacune de ces couleurs , qu’ils sont dans les rapports suivans ,en commençant par le rouge , 7^. 7^. -fg. -5. Or ces nom-
bres sont ceux qui répondent continuellement aux différences delongueur des cordes qui donneroient les accords ré mi, mi fa,fa sol , sol la , la si , si ut, utre , le rouge répondant à ré mi ,l’orangé à mi fa , de sorte qu’il sembloit y avoir une game op-tique , comme il y en a une musicale. Newton se servoit ingé-nieusement de ces rapports pour déterminer qu’elle couleur doitrésulter d’un mélange quelconque de tant d’autres primitivesqu’on voudra en doses données. Mais le P Castel allant bienplus loin, trouva dans cette analogie des couleurs et des tons ,