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Tome troisième.
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DES MAT H E MAT IQ U E S. Part. V. Lit. II. 56 9

bras d’environ un sixième de ligne de longueur. Il paroît constantqu’il y a dans la mer plusieurs espèces d’animaux qui sont aussilumineux. M. d’Agelet, astronome, revenu des Terres australesen 1774 > a rapporté au jardin du Roi des espèces de vers quibrillent dans l’eau quand on l’agite. Ces animaux qui ont étédécrits par Grisellini et par Vianelli, sont différens entre eux etdifférens de celui de Godeheu. Le cit. Adanson a vu plusieurssortes de scolopendres qui sont également lumineuses, mais ildisoit à l’Académie , le 10 janvier 1767, que le sable même duSénégal , après que l’eau de la mer l’a quitté, paroît étincellantquand on lève le pied de dessus , et que la iner est lumineusesans animaux. Le chevalier Turgot ayant été mouillé en merainsi que sa compagnie, tous étaient phosphoriques, et leurshabits l’étaient encore le lendemain quand on les frottait. Fou-geroux qui avoit aussi observé les animaux lumineux , convientqu’il est difficile de leur attribuer toute la lumière de la mer ,mais croit qu’il faut admettre une matière phosphorique provenuela putréfaction.

M. Le Roy avoit produit des étincelles par le mélange de diffé-rentes liqueurs , et surtout de l'esprit-de-vin ; et il en conclut, quece phénomène doit être attribué à une matière phosphorique ,qui brûle et se détruit lorsqu’elle brille. Cette matière lumineuseest sous la forme de petits grains, qui ne lui paroissenten aucunefaçon être des animaux. M. Godeheu a observé une espèce depoisson semblable au thon , appellé la bonite, dans lequel il y aune huile qui brille ; et même après avoir observé et décrit desinsectes lumineux dans l’eau de la mer, il était persuadé quel’éclat de la mer vient des graisses et des huiles dont elle estimprégnée. Nollet avoit cru long temps , comme l’auteur de l’ou-vrage publié en 1746 , dont j’ai parlé ci-dessus, que cette lumièrevenoit de l’électricité. Il fut ensuite tenté de croire que de petitsanimaux en étaient la cause, ou immédiatement ou du moinspar la liqueur qu’ils répandent dans la mer ; cependant je lui aioui-dire qu’il n’osoit pas nier qu’il n’y eût une autre cause. Ona souvent dit que la lumière de la mer étoit plus forte dans letemps des orages , mais Nollet ne s’en étoit pas apperçu •, lefrai de poisson peut y contribuer beaucoup. D’Agelet, à l’entréede la baie d’Antongil , dans l’île de Madagascar , vit des bancsde frai de poissons qui avoient près d’un quart de lieue de lon-gueur ; on les prenoit même pour des bancs de sable par leurcouleur , il s’en exhaloit une odeur désagréable , et la mer avoitété très-lumineuse quelques jours auparavant : il lui a paru quela mer étoit en général plus lumineuse près des côtes qu’elle nel’était en pleine mer.

Il a vu plusieurs fois dans la rade du Cap de Bonne EspéranceTome III. C c c c