5 1 o HISTOIRE
la mer extrêmement lumineuse par un temps fort calme , alorsles rames des canotiers et leur sillage produisaient une lumièreperlée et très-blanche. Quand il prenoit dans la main l’eau quicontenoit le phosphore , il y voyoit pendant plusieurs minutesune lumière par globules gros comme des têtes d’épingles ; enpressant ces globules , il lui semblait toucher une pulpe rare etfoible ; quelques jours après la rade étoit remplie de petits pois-sons par bancs , dont la quantité étoit innombrable.
Ainsi il est probable que plusieurs causes contribuent à lalumière de la mer, et que celle que l’on produit par l’agitationest différente de celle que l’on voit quelquefois répandue sur lasurface entière de la mer. Cette lumière qui s’étend alors à pertede vue , produit le spectacle le plus singulier , surtout dans lazone torride et dans l’été.
M. Rigaud , physicien de la marine , a attribué cette lumièreaux animaux ; mais Rochon dit que la mer est lumineuse sansanimaux. Deslandes , à la fin de son Essai sur la marine desanciens ( 1748 ) , dit que la mer est un grand phosphore , etqu’elle brille quand elle est agitée. Georget, ingénieur, éprouvaen 1780 que la lumière de la mer produisoit des étincelles. Bajonobserva qu’en agitant l’eau avec des lames métalliques , lalumière étoit plus vive. Montucla a vu à Cayenne, que lesillage f'ormoit une trace de (lumière , et toute la mer étoitlumineuse.
Cook, dans son voyage de 1772. , observa de petits animaux ,mais le Gentil soutenoit qu’il avoit'vu des phénomènes différensdans une nuit orageuse; toutes les lames étoient lumineuses , lefeu S.Elme étoit sur le mât; il prit de cette eau, il n’yavoit aucuneespèce d’animaux.
La lumière que laisse le vaisseau par son sillage est vive, scin-tillante , et c’est celle que d’Agelet attribuoit aux animaux qu’ilavoit observés. Mais celle qu’on voit quelquefois sur toute la merest moins brillante , plus pâle , plus tranquille , et ne scintillepoint ; celle-là du moins est produite par d’autres causes que parles animaux.
On peut voir encore des détails assez étendus sur la lumièrede la mer dans Priestley, p. 56 z etsuiv.
X I V.
Des vices de la vision , et des phénomènes qui en résultent ;
Strabisme ; Couleurs accidentelles ; Lieu apparent d’un objet.
Outre le défaut qu’on remarque dans la vue des myopes et despresbytes, il y a des accidens qui se rencontrent quelquefois > et