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Tome troisième.
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58o HISTOIRE

tement que par intervalles, et par conséquent que l'un aprèsl’autre, et tour-à-toùr, il pouvoit en conclure qu’il y avoit desmoyens propres à empêcher que les yeux ne se fatiguassent pastous les deux à-la-l'ois ; que l’un est dans l’inaction , tandis quel’autre agit ; et qu’en conséquence les yeux ne sont pas absolu-ment semblables, mais au contraire disposés de façon que lorsquedans l’un la courbure naturelle de !a cornée et du crystallin laitaboutir précisément sur les rétines les pointes des pyramides desrayons qui y peignent un objet placé à une certaine distance, depareils rayons, au moyen d’une convexité un peu différente dansla cornée ou le crystallin de l’autre œil ne s’y réunissent qu’unpeu au-delà ou un peu en-deçà de la rétine ; ensorte qu’on neput voir de ce dernier œil l’objet aussi distinctement, sans faireun effort quelconque, capable, en changeant la courbure de lacornée ou du crystallin , d’augmenter ou diminuer la conver-gence des rayons de chaque faisceau dans cet œil. Cette diffé-rence, dans les yeux de chaque individu , doit paroître d’autantplus naturelle, que de célèbres philosophes prétendent que lanature ne fournit pas d’exemples d’une exacte conformité : dès-lors on conçoit que dès qu’un objet se peindra distinctement dansl’un des yeux , son image doit naturellement être moins nettedans l’autre, parce que l’observateur le distinguant suffisam-ment , en vertu de l’impression de l’image reçue dans le premier,s’épargnera volontiers nne contrainte et un effort superflus pourrendre son image aussi distincte dans le second. Il n’y aura donc,dans le cas ordinaire, qu’un seul œil employé à-la-fois à l’exer-cice de la vision distincte, tandis que dans ce moment l’autrese reposera et fera la fonction négligemment, sauf à lui à avoirson tour pour voir dans les momens de relâche qu’exigera lepremier.

Cette non conformité des deux yeux , peut ainsi être censéegénérale, et peut être que s’il se trouvoit quelqu’individu quieût les deux yeux naturellement conformés ue même, seroit-ceune exception singulière? C’est un fait reconnu , que dans la plu-

Î iart des hommes les deux yeux n’ont pas la vision distincte danses mêmes limites. Ainsi, on conçoit bien aisément comment,dans les cas ordinaires et où la vision est, pour ainsi dire, laisséeà elle même , les impressions faites par les images peintes sur lesdeux rétines étant inégales, il y en a une qui, par préférence,affecte l’ame, qui ne fait aucune attention à l’autre ; et aussi pour-quoi, dans les cas ordinaires, toute la portion distincte dutableau,, ou de la perception de lame ne dérive que d’une^suitede deux images , et même à l’égard des cas où la vision est con-trainte, et où l’on fait effort pour employer à la-f ois les deuxyeux pour considérer un objet, on doit imaginer que comme il