DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. II. 5 9 iles rayons bleus et rouges sur la lentille, sous différentes incli-naisons. D’ailleurs, il n’y a absolument que Jes rayons venantde l’objet, tantôt bleu, tantôt rouge, qui arrivent à la lentille.Quoi de plus concluant, de plus propre à dissiper tous les doutessur la différente réfrangibilité de ces rayons. Désaguliers répétade la même manière et avec le même succès, l’expéiience ducarton, ini-parti de rouge et de bleu. Il en lit enfin diversesautres également convaincantes que je passe pour abréger. Jene sais si Ilizzetti se rendit à des preuves répétées avec tant desoin et tant d’authenticité : le ton qui règne dans ses écrits mefait craindre le contraire.
Les expériences de Newton eurent aussi en France Je succèsconvenable, dès que l’art de faire des expériences y fut perfec-tioné. On doit, à la mémoire du cardinal de Polignac, la justicede remarquer que c’est sous ses auspices , et par ses soins quel’expérience de l’inaltérabilité des couleurs séparées par le prismeréussit pour la première fois dans ces contrées. Quoi qu’attachéen général à la doctrine de Descartes, dont il avoit été.autrefoisun des premiers défenseurs, il n’avoit pas laissé de goûter lathéorie de Newton sur les couleurs. Il n’épargna rien pour vérifierl’expérience ci-dessus. Il se procura à grand frais les prismes lesplus parfaits; et en suivant le procédé de Newton l’expérienceréussit très bien entre les mains de Gauger; l’auteur, je pensedu livre ingénieux de la mécanique du leu; le cardinal, reçutà ce sujet une lettre de remerciaient de Newton. Il devoit donnerplace à cette théorie dans son Anti-Lucrèce ; mais sa mort quine lui laissa pas le temps de mettre la dernière main à ce poëmenous a aussi privés de ce morceau. Depuis ce temps-là diversphysiciens l’ont faite, et la font avec le même succès. Noiletnous l’apprend lui - même dans ses Leçons de physique ( tome V.)Et dans une note,il avertit que quelques-uns l’ont cité mal-à-proposcomme ayant trouvé sur cela Newton en défaut. C’est, dit-il,un honneur qu’il ne prétend point du tout partager avec leP. Castel, et l’auteur de la Chioagénésie. Ainsi il ne peut plusy avoir d’incrédules sur cette partie des vérités enseignées parNewton , que des gens inattentifs, ou prévenus, et incapablesd’apprécier les preuves qu’on en donne. On lc-s ert vus dansle siècle passé nier de même la pésantenr de 1 air et la circu-lation du sang.
Quand je réfléchis à l’authenticité du succès des expériencesde Newton , j’ai peine à concevoir d’où vient que quelques per-sonnes de mérite, M. Dufay, par exemple, ont pu penserqu on pouvoit n’admettre que cinq où même trois couleurs pri-mitives. 11 est vrai qu’avec du bleu et du jaune , par exemple ,on compose du verd; mais malgré cela, le vrai verd de la lu-