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Tome troisième.
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DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. II. 5 9 3

qu’il donna en 1712. On peut juger de la solidité , et même dela bonne foi de ce contradicteur de Newton , par une expéiiencequ’il faisoit pour prouver que la couleur bleue et la rouge n’é-prouvoient aucune différence de réfraction. Il a voit un prismemi-parti dont une moitié étoit remplie d’une couleur rouge,et l’autre d’une bleue ; et comme les images colorées n’étoientpoint plus élevées l’une que l'autre, il en concluoit que l’as-sertion de Newton n’étoit pas vraie. Il convenoit cependant avecsimplicité que ces liqueurs étoicnt imprégnées de sels, et mêmede sels différens. C’est un aveu naïf qu’il avoit, par le moyende ces sels , donné à ces deux liqueurs des dégrés de puissanceréfractive différens, et de manière à ce que les deux couleursfussent portées à la même hauteur. Ce contradicteur de Newtondonne encore une preuve palpable de son ignorance ; car Newtonayant dit etdéinontré que les rayons les plus réfrangibles étoientaussi les plus réflexibles , Gautier prétendoit qu’il étoit tombédans une grossière erreur ; un rayon bleu se réfléchissant àangle égal a celui d’incidence tout Comme un rayon rouge. Maisceux qui entendent Newton savent que ce n’est point-là ce qu’ilentend par plus grande réflexibiiité. Lorsqu’un rayon tend àpasser d’un milieu plus dense dans un plus rare ; comme laréflexion se fait en s’écartant de la perpendiculaire, il est uneincidence sous laquelle il ne peut plus pénétrer dans le secondmilieu, il se réfléchit alors au lieu de se rompre, et cette ré-flexion ne peut se faire qu’à angles égaux à ceux d’incidence.11 suit delà que le rayon qui éprouve une plus grande réfrac-tion , doit aussi plutôt parvenir à cette incidence qui ne lui permetplus de passer dans le second milieu ; et cela arrive aussi d’au-tant plutôt, qu’il y a une plus grande inégalité de densité entreles milieux, ensorte qu’un rayon qui pénétroit, par exemple,sous un certain angle , du verre , ou de l’eau dans l’air n’y pénètreplus quand cet air est supprimé ; au reste , il faut convenir queNewton à cet égard 11e s’étoit pas expliqué. Gautier prétendoitaussi trouver Newton en défaut, sur ce que quelque loin quesoit le carton sur lequel on reçoit l’image colorée, les couleursdifférentes sont toujours contiguës; car , disoit il, si les rayonsrouges sont moins réfrangibles que les rayons orangés, il y auraune distance à laquelle ils seront totalement dégagés les unsdes autres ; la bande rouge sera totalement isolée de la bandeorangée. Je vois même que des physiciens d’ailleurs partisansde Newton ont été ébranlés par cette objection. Elle est néan-moins sans aucune solidité. Newton n’a point dit que tous lesrayons rouges eussent un égal degré de réfrangibilité ; elle aug-mente par degrés insensibles depuis le moins refrangible desrayons rouges, jusqu’au plus réfiangible des violets, ensorteTome III. F f f f