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Tome troisième.
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45 <) HISTOIRE

que celui des rouges le plus voisin des oranges a sensiblementle même degré de réfrangibilité que le premier des orangés.Quelque loin conséquemment que l’on prolonge le faisceau derayons colorés sortant du prisme, il ne doit jamais y avoir uneinterruption entre les bandes colorées, et l’image où le spectrepassera par degrés insensibles du rouge à l’orangé, de celui ciau jaune, &c. &c. Mais il est superflu d’entrer dans de plusgrands détails sur les traits presque continuels de l’ignorancede Gautier. Ils furent relevés dans le temps, c’est-à-dire, vers1752, dans le Journal Economique , de manière à convaincretous ceux qui ont les élémens de cette théorie. Aussi n’eut-iljamais pour partisan que lui-même et un poète de son paysdigne de l’admirer ; car celui-ci lit aussi sur l’optique la grandedécouverte qne les images des objets peints au fond de l’œiln’étoient point renversées.

En 1739, Jean Banieres fit imprimer un volume entier intitulé :Examen et Réfutation des élémens de la philosophie deNewton par M. de Voltaire ; ce volume est presque tout en entiersur l’optique ; il ne contient pas de nouvelles expériences, maisdes raisonnemens et des hypothèses; l’auteur attaque l’attraction,il prétend que la lumière est répandue dans tout l’univers , etqu’elle n’éinane pas du soleil, et que si cela étoit, nous n’yverrions pas en plein midi ; il entreprend de prouver l’existencedes atomes indivisibles.

Le baron de Marivetz prétendit aussi renverser les décou-vertes de Newton sur les couleurs , et présenta un nouveau sys-tème sur ce sujet, dans son grand ouvrage de la Physique dumonde , dont il y a huit volumes in- 4 0 . imprimés en 1780et suiv.

Enfin Marat prétendit également renverser la théorie deNewton. Nous osons dire que si Newton est un chef-d’œuvredans l’art d’interroger la nature, l’ouvrage de Marat en estprécisément l’inverse. Rien de plus vague et d’ailleurs demoins intelligible que ses expériences. Du reste, il n’en est pasune seule de Newton qui soit infirmée ; Marat ne laissa pas deprésenter de nouveau les idées au public en 1780, sous le titrede Découvertes de M. Marat sur la lumière ; car personnen’étoit plus fécond en découvertes que lui. Les plus grandshommes en ont fait deux ou trois dans une longue vie. MaisMarat en faisoit par centaine, sur le feu, sur la lumière, surl’électricité , etc.

En 1782, il donna une seconde édition de son ouvrage, ainsiqu’un précis à l’usage des élèves de philosophie : ces éditions sontdepuis long-temps oubliées.

Ilmanquoit, sans doute, à la satisfaction de l’auteur de voir