628 HISTOIRE
âvec celui tle d’Alembert. Cependant tout en accordant à Fon-taine, dont la sagacité étoit extrême, l’honneur de la décou-verte de ce principe, nous ne croyons point que cela doivediminuer la gloire de d’Alembert ; il n’etoit point encore del’Académie quand Fontaine l’entretint des principes dont ilparle. Celui-ci ne publia rien qui pût rmettre d’Alembert surla voiej et le grand usage que d’Alembtert lit de son principelui en assure la propriété.
Nous ne quitterons pas cette matière sans dire quelque chosede plus de l’ouvrage où d’Alembert ouvrit cette nouvelle voie.Car indépendamment de l’exposition et de l’application du prin-cipe ci-dessus, ce traité contient beaucoup d’autres choses re-marquables. Telles sont en particulier des réflexions sur lesprincipes de'la mécanique, qu’il réduit à trois, la force d inertie ,le mouvement composé, et l’équilibre, comme nous l’avons expli-qué , ( art. II). Et d’abord dans un discours préliminaire, écritcomme celui de l’Encyclopédie, et où règne une métaphysiqueprofonde et lumineuse; il expose ses vues sur ce sujet d’unemanière à être entendue de tout le monde ; mais dans la pre-mière partie de son ouvrage, il reprend cette matière et la traitemore geomctrarum , en établissant géométriquement ces prin-cipes d’après les notions métaphysiques les plus claires. En effet,quoique admis et pris pour bases de leurs raisonnemens partous les mécaniciens , on pouvoit encore désirer que ces prin-cipes d’expérience fussent fondés sur une certitude métaphy-sique. C’est ce que lit d’Alembert dans cette première partiede son ouvrage; et d’après ses démonstrations on peut et ondoit regarder ces principes comme d’une nécessité aussi rigou-reuse que les premières vérités élémentaires de la géométrie.Heinarqnons toutefois ici qu’avant d’Alembert, Daniel Bernoulliavoit en un objet semblable au moins relativement à la com-position du mouvement qu’il démontre aussi more geometra-rttrn dans les Mémoires de Pétersbourg; mais la démonstrationde d’Alembert nous paroît avoir quelques degrés de plus deconcision et de clarté. Daviet de Foncenex s’est aussi proposece sujet, qu’il traite d’une manière savante et lumineuse dansun mémoire qu’on lit dans le second volume des Mémoires dtHdrin , en 1761.
11 en étoit encore du principe de la conservation des forcesvives comme de ceux de l’équilibre, et de la décomposition desforces. Quoique employé sans cesse par les mécaniciens , il étoi:ce semble, plus démontré par l’accord, jamais démenti de sesconséquences avec l’observation des phénomènes mécaniques, ouavec celles tirées d’autres principes démontrés, qu’il ne l’étoiià priori , et métaphysiquement. Il falloit en quelque sorte con-