DES MAT H E MAT IQ U E S. Part. V. Liv. IV. 7 3 9brisées dans le mouvement. Ainsi comme il y en aura davantagede cette dernière espèce dans une grande surface , il y auraaussi un plus grand frottement, ou une plus grande résistanceà vaincre. Mais on ne pouvoit se dissimuler qu’il restoit encoresur tout cela bien rie 1 incertitude.
L’Académie des Sciences a successivement proposé en 1779,en 1782, pour l’objet de concours, la théorie des machinessimples, en ayant égard aux effets de frottement et de la roideurdes cordages. Le prix qui étoit double fut remporté par le cit.Coulomb, capitaine au Corps-iioyal du Génie, et aujourd’huimembre de l'Institut. Son mémoire est l’ouvrage le mieux fait etle plus complet qu’on ait publié sur cette matière ; il a étéimprimé dans le dixième volume des Mémoires des Savonsétrangers, et ses expériences y sont décrites dans un granddétail. Le cit. Prony a tiré de ce mémoire une partie de lathéorie contenue dans sa Nouvelle Architecture hydraulique ,et les expériences qui viennent à l’appui de cette théorie , etqui servent à rendre applicables à la pratique les formules quien sont déduites. Prony rapporte ces expériences fort en détail,(tome I. page 459. )
Coulomb a d’abord fait glisser du chêne sur du chêne sansenduit en suivant le fil du bois ; il a varié les matières et lescirconstances ; il a exâminél’influencequ’avoit laduréedu contactsur le frottement. Il a trouvé que la difficulté de faire glisserles surfaces l’une sur l’autre , augmentoit avec la durée ducontact, mais seulement pendant un temps assez court qu’ila trouvé d’une ou deux minutes , après lequel le frottementavoit acquis toute l’augmentation dont il paroît susceptible.
ün peut conclure, dit Coulomb, que lorsque les surfaces debois de chêne glissent l’une sur l’autre, sans aucun enduit, lerapport du frottement à la pression est toujours une quantitéconstante , et que la grandeur des surfaces n’y influe que d’unemanière insensible.
11 y a cependant une remarque à faire, continue le mêmeauteur, c’est que lorsque les surfaces en coulant ont beaucoirpd’étendue, et qu’elles n’éprouvent que de petites pressions, lefrottement varie d’une manière très-irrégulière suivant les posi-tions où se trouve le traîneau: ainsi, lorsque la pression étoitseulement de 74 livres , et la surface en contact de 3 pieds quar-rés , il a trouvé moyennement le frottement de 3 o livres, etaprès un temps très-long au dessous de 3 o livres, et une fois de55 livres, sans qu’il puisse attribuer ces différences à d’autrescauses qu’à la cohésion, et au plus ou moins d’homogénéité desparties en contact. Mais lorsque les pressions sont de plusieursquintaux, ces irrégularités cessent d’avoir lieu, ou au moins,
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