DES MATHEMATIQUES. Part. V. Liv. IV. 74i
Les expériences sur le frottement des surfaces garnies d’unenduit sont plus compliquées dans leur résultats que les pré-cédentes, à cause de l’influence que le temps du repos a surla valeur du frottement , suivant la nature de l’enduit et l’é-tendue des surfaces en contact. Le frottement atteint plus len-tement sa limite lorsque l’enduit est de suif que lorsqu’il estde vieux-oing; et lorsque les surfaces de contact sont réduitesà de très-petites dimensions, cette limite a lieu au bout d’unpetit nombre de secondes.
Il observe que le vieux-oing très-mou ralentit très-peu l’ac-croisseinent du frottement, qui parvient à son maximum avecune surface de contact d’un pied quarré sous une pression de1600 livres, presque en aussi peu de temps que si les bois glis-soient à sec l’un sur l’autre , et est alors quelquefois plus consi-dérable : il semble qu’outre I’engrénage des surfaces, qui se faitici presque aussi librement à cause du peu de consistance duvieux-oing, que s’il n’y avoit point d’enduit ; il y a encore une co-hérence entre les surfaces, augmentée par l’intermède de l’enduit.On trouve ici des tables d’expériences, et des formules qui lesreprésentent, avec la comparaison de l’expérience et du calcul.Il y a une grande table des frottemens du chêne contre chêne ,où l’on voit que les plus fortes variations du frottement se trouventdans les expériences où le rapport de la surface de contact àla pression a eu sa plus grande et sa moindre valeur. Lorsquela pression 11’est que de 74 livres pour trois pieds quarrés, oude 26 livres par pied quarré , le frottement augmente avec lavitesse ; le phénomène contraire a lieu dans d’autres expériences.Coulomb donne les explications qu’il croit propres à rendreraison de ces variétés, et regarde néanmoins en général le frot-tement comme un obstacle sensiblement constant et indépen-dant de la vitesse. En effet, en calculant dans les expériencesle rapport du frottement à la pression résultant des cas où lavitesse étoit très petite ou nulle, ce qui se fera en divisant lepoids par les pressions, on trouve à-peu-près les mêmes résultatspour les cas où le traîneau avoit jrne vitesse, ce qui prouveque la vitesse n’influe point sur le frottement, qui est dans tousles cas une quantité constante. Les rapports du frottement àla pression étant comparés avec les pressions par pieds quarréscontenues dans la table, font voir que depuis 188, jusqu’à1788 livres de pression par pieds carré, le frottement est-A dela pression ( Prony , page 475. ) On voit ensuite que le frotte-ment des bois et des métaux glissants à sec, augmente sensi-blement avec la vitesse ; mais après un frottement de plusieursheures la vitesse cesse presque en entier d’influer sur le frottement.
Le cit. Coulomb donne des tables d’expériences sur les frot-